Samedi 03 Decembre 2005 9:53:44 PM

 

La Feuille de Chou


 
La feuille de chou Ça Roule au CAPMO est l'occasion de connaître les dernières nouvelles du CAPMO ainsi que des divers enjeux de notre société à la source de nos actions.  La feuille de chou est publiée à tous les mois et envoyée à tous nos membres. Sur cette page sera présenté le dernier numéro ou encore l'avant-dernier dépendant de la conjoncture. Un remvoi détaillé aux numéros précédants  sera installé ici à droite de cette page  au moyen d'un menu.
                                                                 ... aussi en format à télécharger : pdf


Qui est mon prochain ?

Nous voici maintenant à la fin de cette 33e année d’activités.  Une année riche en émotions, événements et rencontres de toutes sortes qui ont su tenir allumés notre espérance d’un monde meilleur.  Une espérance qui n’est pas toujours évidente lorsque l’on ne cesse de nous parler des conflits mondiaux et alimentaires, des budgets militaires canadiens qui augmentent au détriment des programmes sociaux, de la hausse du baril de pétrole, sans compter toutes les catastrophes naturelles qui surviennent.  Les raisons de la désespérance et d’indignation sont bien présentes et elles doivent, selon-moi, nous pousser à vouloir changer les choses.

Lors de la dernière rencontre mensuelle abordant la question de la dignité, nous nous sommes demandéEs ce que nous voulons pour la dignité des personnes et quel(s) moyen(s) nous voulions-nous donner pour aller de l’avant.  Suite à l’exercice, il en est ressorti que nous devrions travailler la base du changement, c’est-à-dire au niveau de nos relations interpersonnelles.  C’est dans cet embryon de société que nous avons la plus grande influence.  Et voilà donc que se pose à nous cette question millénaire : « Qui est mon prochain ? » (Lc 10, 29).  Derrière cette question se cache cet appel à l’autre, celui-tout-près-de-nous, que nous prenons pour acquis, que nous aimons moins, avec qui nous avons plus de difficulté… ce prochain pluriel, au multiple visages, doit nous amener constamment à notre désir de cohérence avec nos valeurs.  Ainsi, si je veux plus de justice, de paix et d’amour, cela doit inévitablement se refléter dans mes relations.  Comment changer un système si on ne change pas son cœur et celui de ceux et celles qui nous entourent ?

Telle est la conclusion à laquelle nous sommes parvenuEs lors de cette rencontre mensuelle de mai. Ainsi, dans la suite de ce questionnement, vous serez invitéEs à participer à un atelier dressant une carte de notre réseau social dès septembre.  À suivre !
Jonathan Lacasse
Coordonnateur

Assemblée générale de Juin

N’oubliez pas de mettre à votre agenda la date de la prochaine assemblée générale qui aura lieu samedi, le 14 juin de 9 h 30 à 15 h 30, à notre local du 435.  À l’ordre du jour : adoption du rapport d’activités, changement de nom du CAPMO et élection au conseil d’administration.  Pour plus de détails, veuillez lire l’avis de convocation dans cet envoi.

Le congrès eucharistique : une mise en spectacle

L’auteur est chargé de cours et étudiant-chercheur au doctorat en sciences des religions à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval.  Cet article a paru dans la revue Relation #722, février 2008. Eucharistie et société.

« Le salut social par l’eucharistie », telle était l’intention de la jeune Française Émilie Tamisier en donnant naissance aux congrès eucharistiques. À 125 ans de distance, le contexte socioreligieux s’est à ce point transformé qu’on ne sait plus trop comment interpréter la filiation avec la motivation originale. Quel salut social est recherché aujourd’hui? Celui de la société par l’Église ou celui de l’Église par la reconnaissance sociale?

Sans être nouvelle, la formule du Congrès eucharistique international (CEI) est à compter au nombre des manifestations religieuses et séculières contemporaines qui cherchent à répondre à la fois à la mondialisation des consciences et à l’individualisation du croire. Ces mégarassemblements sont l’occasion d’appartenir – pour un temps – à une communauté idéalisée, hors du temps et hors frontières. Par la force du nombre et sous la gouverne charismatique du meneur de foules, s’opère un passage de l’hétérogénéité des individus rassemblés à l’unité d’une foule ayant sa propre identité. Cette « transsubstantiation » du paradoxal au convergent, du bigarré à l’unifié est la fonction même de l’effet de foule – nous apprend la psychologie collective. Cette « mise en spectacle » de la foi produit ivresse et réconfort : on imagine aisément à quel point il est rassurant et stimulant d’être partie prenante d’une masse dont on croit qu’elle nous ressemble, qu’elle pense comme nous et avec qui on prétend vivre les mêmes émotions au même moment. C’est ainsi que se construit une identité collective temporaire qui ne saurait exister à l’extérieur de l’expérience grégaire. Il s’agit d’un « corps à corps qui fait corps », pourrait-on dire. Sur ce point, le CEI n’est pas tellement différent d’un spectacle rock, d’une fête nationale ou d’un défilé de la fierté gaie.

Plus encore, ces événements sont l’occasion pour les chrétiens de se voir et d’être vus, d’envahir la cité sous l’œil intrigué des caméras de télévision alors qu’ils se font d’ordinaire discrets. Dédouanée pour quelques jours, l’affirmation croyante peut facilement devenir exubérante. Il s’agit-là d’une forme de transgression qui permet de renverser momentanément l’isolement vécu par les croyants en franchissant, sans les faire disparaître, les normes qui dictent les formes que doit prendre le témoignage de foi dans nos cultures sécularisées.

Du reste, l’effervescence et l’émotion vécues lors de ces manifestations tranchent si radicalement avec le quotidien des gens qui y participent et de l’Église qui l’organise, qu’on est en droit de se demander, à la suite de Durkheim, « si la violence de ce contraste [n’est] pas nécessaire pour faire jaillir la sensation du sacré sous sa forme première » et donner au participant « un sentiment plus vif de la double existence qu’il mène et de la double nature à laquelle il participe » (Les formes élémentaires de la vie religieuse, Quadrige/PUF, 1998, p. 313).

Toutefois, cette expérience de foule ne pourrait prendre sa pleine ampleur sans la présence des médias. En couvrant le rassemblement, télévisions, radios et journaux en font un événement. Au-delà des faits rapportés, le jeu du cadrage médiatique construit les réalités. L’attention de la caméra apporte le « salut social », l’homologation de ce qui est vécu – indépendamment des analyses proposées et des commentaires formulés. Les représentations de l’Église (symboles, acteurs, discours sur la société, positions théologiques, etc.), mises en scène sous le regard des médias à l’occasion de ces grandes célébrations, sont instituées comme des réalités sociales légitimes. Et les participants eux-mêmes sont dépendants de ce jeu médiatique, puisque la majorité vit le rassemblement les yeux rivés aux écrans géants en raison de l’étendue des lieux.

Au sein de ces rituels festifs se développe donc une forme particulière de religiosité produite par l’expérience du contraste, de l’extraordinaire, de la transgression. Toutefois, rien ne garantit que ce rapport « au sacré » permette de vivre in extenso la singularité chrétienne. En quoi la généralité créée par l’effet de foule et les médias rejoint-elle l’universalité du christianisme? Comment est-il possible, dans ces conditions, de se mettre à table et de célébrer? L’expérience chrétienne se vit-elle sur le terrain de l’extraordinaire ou dans le défi de l’ordinaire des jours? La communauté-fusion éphémère est-elle un véritable lieu de rencontre? Et quelle Église se trouve ainsi « socialement instituée »? Les défis qu’elle rencontre ne se trouvent-ils pas esquivés? Bref, de quel salut s’agit-il?
par Jean-Philippe Perrault
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Carrefour de savoirs sur les stratégies de lutte et d'action contre la pauvreté

Adoptée le 13 décembre 2002, la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale (Loi 112) fut un grand pas dans notre société québécoise afin de refuser la misère. L’adoption de cette loi, sous l’égide de Bernard Landry, fut le résultat de nombreuses années de consultations citoyennes et d’actions qui menèrent à la création du Collectif pour un Québec sans pauvreté.

Un peu plus de 5 ans après l’adoption de la Loi 112 (ne pas confondre avec la chasse au tabac qui porte le même numéro de loi), où en est le Québec dans sa lutte?

Dans un contexte d’un gouvernement provincial libéral, d’un gouvernement conservateur à Ottawa, de mondialisation; voire de globalisation. Ajouter à tout ça des hausses tarifaires (électricité, flambée des prix des carburants fossiles, etc.), un désengagement étatique, un spectre de crise alimentaire causée par des spéculations financières, une exportation du milieu manufacturier vers des zones franches, une accessibilité de plus en plus ardue à l’assurance-emploi, le manque d’investissement dans le logement social et un écart grandissant entre le quintile des personnes les plus riches et des personnes les plus pauvres : on doit se demander si le Québec se porte mieux face à la lutte à la pauvreté et l’exclusion sociale.

Reposant sur une approche développée par Paulo Urio, de l’Université de Lausanne en Suisse, le Carrefour de savoirs veut porter un regard sur l’environnement décisionnel global en matière de lutte à la pauvreté. C’est à partir de cette approche, d’un retour dans le passé et d’une projection dans le futur, de consultations citoyennes, de concertation avec d’autres organismes que ce nouveau projet réfléchira à des nouvelles façons de lutter contre ce fléau de la pauvreté et de l’exclusion sociale.

N’ayant pas la science infuse, nous aurons un grand besoin de partage d’expérience et d’expertise de toute sorte afin que ce projet porte fruit.
Au plaisir!

DANY RICHARD, Chargé du projet pour le Carrefour de savoirs sur les stratégies de lutte et d’action contre la pauvreté.

Partenariat avec le Centre Victor-Lelièvre

Un inventaire des ressources communautaires
Suite à une entente de collaboration entre le CAPMO et le Centre Victor -Lelièvre, j’ai effectué en mars-avril dernier un premier inventaire des ressources communautaires de la Basse-Ville de Québec. Il s’agissait de prendre conscience davantage des besoins auxquels nos organismes communautaires peuvent répondre en matière de lutte-terrain contre la misère, la pauvreté et l’exclusion. Une liste a donc été réalisée ayant pour objet les organismes existants depuis les quartiers Duberger-Les Saules, Vanier et Limoilou jusqu’à ceux de Saint-Sauveur et Saint-Roch.

Les recherches furent faites principalement à partir du Répertoire des ressources communautaires 2007  réalisé et tenu à jour par le Centre d’Action Bénévole (CAB) pour ce qui est du Québec Métropolitain. Les  organismes de la Basse-Ville y ont été identifiés au moyen des codes postaux qui subdivisent notre territoire et débutent par l’une ou l’autre des séries suivantes: G1P, G1M, G1L, G1J, G1N et G1K. Au total, 225 organismes – une majorité de groupes communautaires – ont ainsi été relevés et classés d’abord selon le code postal de leur appartenance.

Les  225 organismes retenus ont aussi été classés selon les 26 types de services déjà identifiés dans le Répertoire du CAB : aide alimentaire, aide matérielle, associations, communautés culturelles, dépendances (alcool, drogue, sexe, jeu etc). éducation/alphabétisation, emploi, environnement, groupes d’entraide, groupes de défense de droits, hébergement, international, logement, religion/spiritualité, ressources pour femmes, pour hommes, pour aînés, pour familles,  pour jeunes, santé, santé mentale, santé physique, services à domicile, soutien moral et psychologique, sports et loisirs, transports.

En mai furent ajoutés 23 organismes en santé et 8 en hébergement pris dans le répertoire internet de la Régie régionale de la santé et des services sociaux; et 11 autres reliés à l’environnement, via le Regroupement Québécois des Groupes Ecologistes et la liste de ses membres dans la  Basse-Ville. Au total nous voici  avec une liste de 267 organismes répartis dans nos quartiers et qui offrent régulièrement  543  points de services dont 127 organismes concentrés à Saint-Sauveur et Saint-Roch (codes postaux G1N et G1K surtout) et offrant 261 points de services dans cette seule partie de la Basse-Ville ... près de la moitié du total.

Pour faire une histoire courte, nous disposons maintenant de listes sectorielles d’envois et/ou de prises de contacts qui seront utilisables probablement à l’automne sinon au cours de l’été. Nous disposons surtout d’un répertoire d’ensemble ajusté (géographiquement) à notre territoire immédiat d’action qui sera facile de tenir à jour et qui ne peut aller qu’en se bonifiant : nous sommes certains par exemple que la basse-ville enferme une plus grande quantité d’organismes communautaires.  

Enfin, actuellement en cours, il y a la préparation d’une carte murale de la Basse-Ville agrandie (environ 4 pieds par 8) sur laquelle seront visibles près de 200 points de services choisis en priorité dans les catégories suivantes: communautés culturelles, dépendances, groupes d’entraide, groupes de défense des droits, religions et spiritualité, ressources pour familles, jeunes, services à domiciles, soutien moral et psychologique.
D’autres nouvelles suivront incessamment. Quelque chose de neuf prend forme. Merci de votre patience. Et à bientôt pour plus de détails!
Carol Anctil
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Un brunch bénéfice haut en couleur

Pour sa troisième édition, le Brunch Bénéfice du CAPMO a eu lieu dimanche le 18 mai au Centre Victor-Leliève. Avec une plus grande participaton que l’année précédante soit 78 personnes présentes, ce brunch a été un franc-succès par une animation des plus intéressantes avec un conteur de la région de Québec,  M. Bernard Grondin.

De plus, un tirage des prix de présence a été offert par M. Donald Lehouiller soit deux toiles réalisées par ce dernier ainsi qu’un coffret de cartes postales de photos de New York. M. Grondin a offert pour sa part une soirée de contes à la demeure du gagnant ou de la gagnante. Voici nos heureux et heureuses chanceux et chanceuses:

  1. Mme Pauline Desrosier a choisie l’œuvre de Donald Lehouiller intitulé « Le porteur d’oeuf ».
  2. Sœur Lucette Piché qui a choisie la soirée privée de contes de Bernard Grondin
  3. Mme Juliette Ouellet qui  a reçu la nature morte de Donald Lehouiller intitulée «  Marguerites et fruits »
  4. Finalement, M. Mario Harton a eu la chance de remporter le coffret de cartes postales de New York, offert par Donald
En plus de l’encan chinois qui a été un moment d’intensité et de plaisirs, le brunch est aussi le moment de souligner et remercier l’implication des bénévoles du CAPMO. Leur participation et leurs qualités sont très cher à la pérennité des activités du CAPMO et le succès de celles-ci est en grande partie dû à leur implication. Au nom du CAPMO, nous les remercions encore une fois. Nous en profitons du même coup pour remercier tous ceux et celles qui nous supportent dans nos activités et dans notre mission car sans vous, le CAPMO ne pourrait exister. Pour terminer, un énorme merci à ceux et celles qui nous on aidé pour la journée même du brunch afin que tout roule rondement et que chaque participantE ait du plaisir à festoyer avec nous.

Merci à tous et toutes!!!

Journée "Porte ouverte"

Vendredi le 20 juin à partir de 9h30, aura lieu une journée porte ouverte afin de faire connaître à toute la population les groupes regroupés au Carrefour Cardijn. Dans l’avant-midi ainsi qu’en après-midi, des visites libres auront lieux afin que nos visiteurs et visiteuses puissent s’informer sur les activités et missions des groupes de la bâtisse. Un repas sera offert sur l’heure dîner ainsi qu’une mini-conférence avec trois invitéEs qui nous parlerons, à leur manière, des groupes et de l’histoire de la maison.  C’est le temps pour vous d’inviter votre entourage à nous rencontrer et discuter avec nous. Un Cocktail-Solidaire colorera cette journée de fête avec un vin et fromage.

Nous vous attendons en grand nombre afin de se rencontrer avant la période estivale!!!

Le 1er mai dernier, le CAPMO a été invité par un sous-comité sénatorial, celui sur les grandes villes, qui se penchent sur les questions d’actualités  influençant le milieu urbain.  Ci-joint la présentation effectuée lors de cette présentation qui a eut lieu à Ottawa.

De la lutte ouvrière à l’exercice de la citoyenneté des personnes en situation de pauvreté

Fondé il y a près de 33 ans par des prêtres et religieux ouvriers, le CAPMO, dès ses débuts, a vite compris l’intérêt qu’il y avait d’impliquer les personnes dans le processus de transformation du monde.  Nul doute possible aujourd’hui que la pauvreté n’est pas une fatalité, mais bien quelque chose de soutenue par un système économique.  La crise alimentaire mondiale nous permet une fois de plus de constater les lacunes réelles et insoutenables creusant ainsi des écarts grandissants entre les pays du « sud » versus le « nord ».

Mais nul besoin d’aller dans le « sud » pour y voir les effets néfastes de ce système.  Les grandes villes canadiennes, dont la ville de Québec, sont également touchées par une pauvreté aux multiples visages où s’enracine quotidiennement la misère, mais également un désir profond et sincère d’un changement.  Mais comment s’y prendre ?
Avant d’aller plus loin, rappelons ici quelques éléments statistiques concernant la pauvreté vécue dans la région de Québec :
  • L’aide alimentaire fournit mensuellement par l’organisme Moisson-Québec s’élève à plus de 25 500 personnes dans la région totalisant ainsi près de 2,7 millions de kilos de nourritures (2006) (1);
  • Le quartier Saint-Sauveur, dans le centre-ville de Québec, près de 65% de la population a un revenu en deça de 20 000 $ (2).
  • Dans le quartier de Vanier, près de 43% de la population de 20 ans et plus n’a complété aucune formation (3).
La liste pourrait continuer ainsi longuement.  Ceci dit, ils ne permettent pas de saisir dans son ampleur les diverses situations de vie des personnes.

La lutte à la pauvreté, une question de dignité
Au fil des ans, le CAPMO a su se positionner dans la lutte à la pauvreté en priorisant l’apport des personnes en situation de pauvreté.  Il est important de rappeler que les personnes en situation de pauvreté sont les premières acteures du changement souhaité.  Ainsi, il est important qu’elles retrouvent tout au long du processus favorisant de meilleures conditions de vie et de travail, comme ce fût le cas dans le cheminement ayant mené à l’adoption d’une loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale adopté le 13 décembre 2002 à l’unanimité à l’Assemblée nationale du parlement de Québec.  Ainsi, dans la jeune histoire du Québec, une initiative citoyenne enracinée dans des préoccupations de bases des personnes en situation de pauvreté a trouvé écho auprès des élus.

Ainsi, la notion AVEC prend un sens important.  Elle signifie qu’il est impératif que les personnes vivants des situations de pauvreté soient partie prenante dans le processus.  Agir AVEC permet aux personnes de s’approprier la démarche et de reprendre leur pouvoir sur les situations de vie.  Agir AVEC demande également aux personnes solidaires des gens défavorisés, de revoir leur stratégie déjà-toute-faite qui ne tient pas toujours compte des réalités de vie de ces personnes.  Dans les deux cas, agir AVEC permet un cheminement personnel et collectif pour l’ensemble des personnes impliquées.  C’est pourquoi, d’ailleurs, nous vous suggérons, dans le processus qui est le vôtre, de laisser une place à ces personnes, et non seulement aux personnes, comme moi, qui les représentent.  Elles sont les mieux placées pour proposer les solutions répondant à leurs besoins.  Ce n’est pas seulement les chiffres qui parlent.  Bien souvent qu’autrement les témoignages de vie de ces personnes est beaucoup plus parlant que des chiffres qui ne permettent pas de mieux comprendre la réalité quotidienne de ces personnes qui sont les premières à lutter pour s’en sortir.  Rappelons-le, on ne se complaît pas dans la misère humaine où la dignité de ces personnes est bafouées continuellement.  C’est pourquoi, nous croyons que d’agir pour la dignité des personnes est un devoir sacré que tous et toutes sommes invitéEs à faire.

Agir AVEC : une mise en commun des compétences
Au fil du temps, le CAPMO a su développer une approche qui permet de réunir ensemble des personnes en situation de pauvreté et celles qui leurs sont solidaires autour de ce que nous appelons des Carrefours de savoirs.  Ces carrefours de savoirs permettent la création de nouvelles connaissances sociales créées à partir de l’expertise de chacun des participantEs menant ainsi vers une ou des stratégies d’action favorisant le changement souhaité.  Chacun et chacune sont les expertEs de leur propre réalité.  En conséquence, tous et toutes sont à même de contribuer et d’apporter leur expérience de vie au service de la collectivité permettant ainsi la mise en place de stratégies cohérentes reposant sur les préoccupations des personnes.  Cette mise en commun des compétences est un élément essentiel dans le processus d’accès à l’exercice d’une citoyenneté qui tient compte de chacun et chacune.  L’intuition derrière ces Carrefours de savoirs est donc de contribuer à retravailler et rebâtir le tissu communautaire de base tout en se dotant des connaissances nécessaires afin de bien articuler ce que nous vivons.    Il va sans dire que les effets d’une telle mise en commun profitent grandement à tous les participants.

En conclusion
Au fil des années, le CAPMO s’est ainsi penché sur divers enjeux qui, à travers le cheminement qui est le sien, a entrouvert la porte au projet de loi pour l’élimination de la pauvreté au Québec dans une perspective que la nation québécoise soit celle, parmi les nations industrialisées, à avoir le taux de pauvreté le plus bas d’ici dix ans.  D’ici là, il y a encore beaucoup de chemin à faire certes, et cela peut et doit se faire avec la participation concrète des personnes en situation de pauvreté.  L’expérience du CAPMO, comme celles de bien d’autres, a su démontrer la pertinence d’une telle implication des personnes dans la démarche.  Chaque personne, à partir de son vécu, son expérience de vie, de ses forces et faiblesses, est à même de contribuer de manière concrète à la transformation de la société pour plus de justice sociale.  Le CAPMO dit « Oui » à un Québec et à un Canada riche de tout son monde.

Jonathan Lacasse
Coordonnateur, CAPMO
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Sources :
1. Les faits saillants expliqués, Moisson-Québec, http://www.moissonquebec.com/index.php?page=Faits-saillants-distribution, 2006
2. Territoire en mutation – Quartiers en actions, CDÉC de Québec, 2004, p.5
3. Territoire en mutation – Quartiers en action, CDÈC de Québec, 2004, p. 6

La biblio du CAPMO

Ce que vous pouvez trouver au CAPMO, si vous osez le demander : livres et revues

Bergeron, Richard : Le cortège des fous de Dieu Un chrétien scrute les nouvelles religions, Éditions Paulines, Montréal, 1982.

Ce livre nous aide à comprendre ces nouvelles religions et ces nouvelles spiritualités qui sont parfois fort anciennes. Il faut aborder ce sujet avec humilité. La nôtre, la religion chrétienne, a commencé comme une secte du judaïsme. Bergeron nous aide à démêler gnose, ésotérisme, secte, en reconnaissant ce besoin pressant de spiritualité en fin de XXième siècle et qui se poursuit toujours. Ce siècle et ce nouveau millénaire témoignent déjà de cette urgence.

Bourdieu, Pierre : La Misère du monde, Points, Seuil, 1993.

Il s’agit d’une enquête sociologique de grande envergure (près de 1500 pages) auprès des exclus, des délaissés, des blessés, gens ordinaires ou en colère des banlieues françaises et américaines; une enquête sociologique où la parole leur est donnée, parole crue parfois mais toujours vraie. En prime, à la fin, Bourdieu s’exprime sur les difficultés de ce type d’enquête. Cette partie (Comprendre) s’adresse surtout aux travailleurs sociaux, enquêteurs et sondeurs de l’opinion populaire. C’est une discussion sur la valeur méthodologique de l’enquête sociologique directe.

Heller, Michel : Histoire de la Russie et de son empire, Champs, Flammarion, 1997.

Est-ce les Vikings qui sont à l’origine de la Russie? Ou les Khazars d’Asie centrale ou encore les Tartares de la Horde d’Or ou tout simplement des Slaves, des Ruthènes? Peu importe. Mais l’histoire de ce grand peuple ne peut que nous intéresser et nous aider à comprendre pourquoi le communisme s’y installa aussi facilement et dans la démesure. Peut-être aurons-nous idée vers quoi il s’en va aujourd’hui. Un nouvel empire russe?

Sloterdijk, Peter : Colère et temps, Libella, Maren Sell,  Frankfurt, 2006, et Paris, 2007
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Peter Sloterdijk est un jeune philosophe allemand qui s’est révélé au monde en 1987 avec son étincelante Critique de la Raison cynique, le cynisme étant la vérité qui peut être dite du pouvoir ou celle que par inadvertance il échappe sur lui-même, ce qui distingue, selon lui, cynisme ancien et cynisme moderne. Son œuvre résolument moderne est aussi critique de l’époque actuelle. C’est une œuvre, parfois dite postmoderne, controversée et provocante quand il parle des Règles pour le parc humain, de notre élevage et de notre dressage pour faire de nous des consommateurs dociles. Pour lui, l’art n’existe plus, sa valeur spirituelle ou ontologique étant transformée en capital et en valeur refuge par le capitalisme actuel, dans sa forme néolibérale.  Dans son dernier livre, Sloterdijk nous livre une archéologie de la colère et du ressentiment (colère entretenue dans le temps). Comment elle s’épanouit d’abord dans l’Ancien Testament, dans le Christianisme, surtout dans sa branche catholique, puis dans le communisme au temps moderne et enfin dans l’intégrisme surtout musulman de l’époque contemporaine, encore que ce dernier est cas particulier, selon l’auteur. Là où sa critique est la plus éclairante, c’est au niveau de la société de consommation, comment elle consume l’humanité, vide l’humain de son sens. Et aussi au niveau des jeunes des banlieues parisiennes surtout, mais le phénomène pourrait s’étendre. Il convoque Baudrillard, Girard et Enzensberger, qui parle de «guerre civile moléculaire» pour tenter d’expliquer cette colère spontanée, ce ressentiment à la fois latent et instantané dans son irrationalité, qui mobilise beaucoup de jeunes aujourd’hui, qui se sentent déchet de la société. La reconquête de l’estime de soi qui passe par la reconnaissance sociale est un enjeu fondamental de la société moderne ou postmoderne. À lire absolument.
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page mise à jour le 04 mars 2008