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Samedi 03
Decembre 2005 9:53:44 PM |
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La feuille de chou Ça Roule au CAPMO est
l'occasion de connaître les dernières nouvelles du CAPMO ainsi que des divers enjeux de
notre société à la source de nos actions. La feuille de chou est
publiée à tous les mois et envoyée à tous
nos membres. Sur cette page sera présenté le dernier numéro de notre Feuille de chou. Un renvoi détaillé aux numéros
précédants sera installé ici à droite
de cette page au moyen d'un menu. ... aussi en format à télécharger : pdf ÇA ROULE AU CAPMO Année 10 - Numéro 09 mai 2010 Appel à l’unitéDevant la tourmente de la répression qui s’abat sur son peuple, Oscar Romero fait appel à l’unité et à l’organisation des masses afin qu’elles cessent d’être l’objet de la manipulation des puissants. Pour lui, un peuple est d’abord constitué d’individus et de familles partageant un même projet de société, ce n’est pas un ensemble de gens désorganisés. L’essence véritable de la liberté ne consiste pas à faire ce qui nous plaît, mais à ordonner notre vie en fonction d’un projet porteur de valeurs humanistes permettant de transcender notre individualisme. L’organisation, par l’articulation des idées et l’analyse commune qu’elle permet, constitue la première étape dans la marche du peuple vers sa libération, puisqu’avant de se libérer des structures d’injustice, il faut d’abord libérer la parole. La parole partagée est l’élément fondateur de toute organisation, le noyau élémentaire de son unité. L’organisation a aussi comme tâche d’articuler et d’orienter la parole collective du groupe dans un sens déterminé. Elle n’est pas bavardage inutile, puisque l’objectif recherché est la libération de l’oppresseur intégré dans nos schèmes de pensée. À l’intérieur de la multitude des organisations disponibles, il faut choisir celles qui s’orientent vers le bien commun. Ceci présuppose l’analyse sociale et le dépassement du moralisme où la réussite ou l’échec repose sur les épaules de chaque individu. En fait, la responsabilité de chacunE doit être au premier chef de se sentir concerner par le sort de tous. En retour, ces organisations doivent accepter d’entrer en dialogue avec les autres regroupements de la société civile afin de permettre l’élaboration du plus large consensus possible. Ce dialogue demeure cependant conditionné par la recherche de la vérité. Dévoilant les intérêts des puissants, l’ensemble des organisations collaborant à l’unité du peuple, ne seront pas dupes des tromperies et des mensonges contraires à l’intérêt général de la société. Refusant d’abandonner la parole aux expertEs qui fragmentent la réalité, ils prendront soin d’accueillir la parole des gens ordinaires, experts de la réalité et porteurs de sagesse. L’unité résultante de cette prise de conscience du bien commun usurpé par les riches et les puissants, permettra la mise en marche d’un processus de changement radical des structures et des rapports sociaux. L’organisation de base demeure toutefois la condition préalable à l’action concertée. À ce point, les individus organisés deviennent les porteurs d’une contre-culture, présageant la société nouvelle en gestation. L’organisation des citoyens, et l’unité des différents acteurs, sont les préalables à la souveraineté, lorsque nous serons affranchis des pouvoirs de l’argent et de tous ceux qui lui rendent un culte. C’est à ce prix seulement que la fraternité humaine pourra un jour s’établir parmi nous. Le peuple uni, jamais ne sera vaincu. Yves Carrier Joyeux anniversaire !!!Nous vous souhaitons une belle journée remplie de joie et d’amour! ![]()
Claude
Garneau, 5 maiGérard Coulombe, 12 mai Jean-Marie Dubois, 21 mai Micheline Bélisle, 29 mai Yann Tremblay-Marcotte, 30 mai N’hésitez pas à nous faire parvenir votre date de fête! THÉORIE DE LA SOCIÉTÉ CIVILE par Robert LapointePOURQUOI UNE THÉORIE? Il y a plusieurs raisons à cela. Et plusieurs conditions qui le permettent? Et des tâches à accomplir. La principale raison, c’est la nécessité d’éviter la récupération ou l’abandon de l’idée de société civile. Ce concept est central dans la théorie. L’évoquer simplement sans construire de théorie autour signifierait sa dilution, sa banalisation dans des cadres plus généraux alors que l’on soutient que sa finalité est primordiale. Elle consiste en la recherche du bien commun, du bien vivre ensemble, sans exclusion de l’une ou l’autre catégorie de cette société et sans violence, ce qui conduirait d’ailleurs à l’exclusion. La violence dans la société survient quand une catégorie ou l’autre est exclue ou considérée comme responsable, coupable du désordre dans la société, que ce soit les riches, les pauvres, les anarchistes, les cathos, etc. S’en tenir à l'idée de société civile permet d’éviter à une quelconque famille politique ou religieuse de prendre le contrôle de la société civile qui doit demeurer entre les mains de ses composantes réunies autour de la finalité décrite plus haut et des objectifs qu’elles se donnent Il est normal que telle ou telle famille politico-religieuse influence ladite société, mais celle-ci doit préserver ses procédures et ses mécanismes de résolution des conflits en son sein afin de développer son propre discours et son expertise dans la recherche du bien commun. LA SPIRITUALITÉ POUR LES NULS ET LES NULLESUne authentique spiritualité se vit au quotidien dans nos relations avec les autres, sur la place publique et dans le rapport à l’État. S’il faut reconnaître au domaine politique sa propre finalité qui est la gouverne de la société, il ne faut jamais oublier qu’elle le fait dans l’intérêt même des gouvernés, en l’occurrence le bien commun qui doit faciliter l’épanouissement de chaque individu dans la liberté et la dignité. Voilà déjà des valeurs fondamentales sur lesquelles doivent s’élever les sociétés. Il y en a d’autres bien sûr. La responsabilité au sens le plus fort doit accompagner la liberté. Chacun doit se sentir responsable de la liberté d’autrui, dans la mesure évidemment de ses capacités et selon sa position dans la hiérarchie sociale ou politique. La responsabilité au sens propre est une réponse à l’interpellation que nous adresse la société, que nous adresse autrui. Elle se module selon notre statut social et notre conscience. En apparence, notre liberté semble limitée en société. En effet, elle ne consiste pas dans un droit de faire ce qu’on veut ou de tout faire. En réalité, comme me le confiait un anarchiste, elle s’accroît du fait que les autres aussi sont libres. Ma liberté se nourrit de la liberté des autres, et de leur sens des responsabilités, à travers les services qu’ils me rendent, et à travers l’organisation sociale. J’ai besoin des autres pour être libre. Certains déterminismes, ou déterminations, certaines contraintes ou limites, sont nécessaires à l’exercice de ma liberté. Elles en sont même les conditions essentielles. Ma liberté doit reconnaître pour se vivre vraiment et la nécessité et la responsabilité, la première est davantage d’ordre matériel ou sociétal, la seconde est plus spirituelle ou morale. Ces déterminismes sont physiologiques, je n’ai pas besoin d’ordonner à chaque seconde à mon cœur de battre, ou psychologiques, instincts et pulsions, désirs, ou culturels, liés à un peuple, une religion, une histoire. Et sans eux, je ne pourrais pas être une personne ni construire ma liberté laquelle est conscience de mes déterminations, de mes limites. Voilà ce qui est paradoxal: si je connais mes limites, j’accrois ma liberté. DES NOUVELLES DU HOCKEY aux cartesUn retour remarqué. Patricia, grande championne, est revenue dans la ligue. On n’a qu’à bien se tenir. Richard a remporté un important championnat (des Nations, masculin) avec la République tchèque. Plusieurs petits championnats en cours: Australie, Afrique du Sud, Asie du Sud. VENEZ VOUS JOINDRE À NOUS ET REMPORTEZ UN CHAMPIONNAT TOUT EN VOUS AMUSANT, EN PARTAGEANT, EN GAGNANT DES PRIX ET EN FINANÇANT AUSSI LE CAPMO. JOURNEE INTERNATIONALE DES TRAVAILLEURS ET TRAVAILLEUSES, MMTC2010: Une opportunité historiqueLes mouvements affiliés au Mouvement Mondial des Travailleurs Chrétiens (MMTC) expriment leur solidarité avec les travailleurs et travailleuses aux quatre coins du monde et partagent avec eux leurs inquiétudes et préoccupations face à une situation de chômage et de pauvreté accentuée par la crise économique mondiale. L’Observatoire de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) sur la crise mondiale de l’emploi souligne que “ce qui a commencé comme une crise des marchés financiers s’est vite transformé en une crise mondiale de l’emploi qui engendre privations et pauvreté dans la vie de nombreux travailleurs et travailleuses, familles et communautés ”. Nous ne devons pas oublier qu’avant cette crise, alors que la croissance mondiale était élevée, une grande partie de la population connaissait déjà des problèmes d’accès à l’alimentation, à la santé, aux biens publics, vivait dans la pauvreté extrême ou de l’économie informelle, et a vu s’accentuer les inégalités économiques et les déséquilibres sociaux. Cette situation s’est aggravée avec la crise: les entreprises ont cessé d’engager du personnel et nombre d’entre elles ont dû et doivent licencier un grand nombre de travailleurs. Cette situation engendre souffrance, appauvrissement, perte de confiance en soi et diminution de « l’employabilité », en effet, plus une personne demeure sans emploi et plus il lui sera difficile d’en retrouver un. Les enfants des familles les plus pauvres et vulnérables sont parmi les plus touchés par cette crise. Selon l’OIT, l’augmentation du chômage et de la pauvreté met en danger l’éducation, la santé et le bien-être des enfants. Cette situation pourrait mettre à mal, voire anéantir, les acquis récents en matière de réduction du travail des enfants dans le monde et d’accès à l’éducation. La crise économique a également fait augmenter le chômage des travailleuses, comme le souligne l’OIT dans son rapport annuel Tendances mondiales de l’emploi des femmes. Nous observons aussi une augmentation des immigrants qui retournent dans leur pays d’origine et une réduction des flux migratoires vers les pays d’accueil. Les jeunes sont également parmi les groupes les plus touchés par la crise. Des jeunes dont le plus grand souhait est de s’assurer un avenir, de soutenir leur famille, leur communauté et de contribuer à la société, voient leurs projets tomber à l’eau par manque d’emploi. Le grand défi pour la société et tous les pays du monde est de permettre à la jeunesse d’accéder au travail stable, productif et décent. Face à une telle situation, de nombreuses voix s’élèvent pour décrier la nature insoutenable de cette mondialisation. L’année dernière, lors de son appel international pour la réalisation d’un Pacte Mondial pour l’emploi, l’OIT a demandé que soient jetées les bases d’une économie mondiale juste et durable, affirmant qu’il est “vital de promouvoir le respect et l’utilisation des mécanismes du dialogue social, tel que la négociation collective”. L’OIT souligne que “le dialogue social est un mécanisme d’une valeur inestimable pour la mise en œuvre de politiques adaptées aux priorités nationales. Il s’agit également d’une base solide pour l’adhésion des employeurs et des travailleurs aux politiques gouvernementales visant à surmonter la crise et à permettre des solutions durables ”. En tant que Chrétiens, dans un tel contexte, nous nous devons de proposer les enseignements inestimables de notre doctrine sociale. Rerum Novarum, premier document de la Doctrine Sociale de l’Église, se réfère à la question ouvrière en posant un critère fondamental selon lequel “ Il n'est permis à personne de violer impunément cette dignité de l'homme que Dieu lui-même traite avec un grand respect”. Il défend entre autres le droit au travail et à un salaire juste, le droit au repos, le droit d’association et la protection des femmes et des enfants. Regardons cette crise comme une occasion de prendre conscience, tant du besoin de changer la société en profondeur que de la manière dont est organisée l’économie. Des changements sont en effet nécessaires en matière d’économie financière et spéculative, afin de mettre les richesses et les ressources au service des personnes, mais également dans l’application pratique des droits du travail et dans l’avancée vers le travail décent. Ce Premier Mai nous ouvre l’horizon de la solidarité avec nos collègues de travail, de la justice et de la participation à la construction au niveau mondial d’un autre modèle fondé sur le travail décent. Nous devons aller vers une économie se souciant des personnes et de la vie sociale, proposant une juste distribution des richesses, produisant les biens nécessaires de manière décente, respectueuse de la dignité des travailleurs et des travailleuses et de l’environnement. Il s’agit d’une opportunité historique d’améliorer le futur de notre humanité. www.mmtc-infor.com LA SOLIDARITÉ ASSIÉGÉEMédecins québécois pour le régime public dénonce les mesures Bachand sur le financement des soins de santé : le fondement même de l’assurance-maladie est dorénavant remis en cause. Au Québec, nous nous sommes battus pour obtenir, au début des années 1970, une assurance-maladie universelle et publique, comme la plupart des pays industrialisés où les soins sont dispensés, non pas en fonction du portefeuille, mais bien des besoins. Pourquoi? Par solidarité sociale, parce que la très grande majorité des gens, même assez fortunés, ne peuvent assumer véritablement les coûts reliés aux soins de santé à un moment ou l’autre de leur vie. Il s’agissait de partager collectivement les risques associés à la maladie individuelle. C’est cela, et bien d’autres choses, que ce nouveau budget remet essentiellement en question : le principe de « l’utilisateur-payeur » est contraire au système d’assurance-maladie universelle et à la solidarité dont elle s’inspire. Imposer à toute la population, peu importe ses revenus, la même taxe santé constitue une mesure aussi régressive qu’injuste. Riche ou pauvre, chacun va payer le même montant, appauvrissant ceux qui sont déjà en difficulté. On ajoute l’insulte à l’injure en ajoutant une « franchise santé » ou « ticket modérateur » dissimulé sous le vocable « ticket orienteur », applicable selon le nombre de visites médicales ou même selon l’endroit où l’on consulte. Comme si on avait vraiment le choix. Cette mesure lamentable véhicule le préjugé commun que beaucoup de gens consultent « pour rien » ou ne vont pas « à la bonne place ». Des études sérieuses démontrent pourtant l’effet délétère d’un tel « ticket », les gens les plus malades et les plus démunis consulteront moins, non pas parce qu’ils en auront moins besoin… mais parce qu’ils n’auront pas l’argent pour le faire; lorsqu’ils consulteront finalement… les coûts pourraient être plus élevés : l’hospitalisation sera plus fréquente et souvent prolongée, comme cela a bien été démontré aux États-Unis. ![]() On tente également de nous faire croire qu’il faut appliquer les règles du marché à notre système de santé et qu’on doit mettre les établissements en compétition et les financer ensuite en fonction de leur productivité et de leurs résultats. On sait pourtant pertinemment que les règles du marché sont invalides lorsqu’appliquées à la prestation de soins de santé. Favoriser de telles règles conduit à multiplier les interventions « rentables », souvent inutiles, dans la population la moins malade… et à mettre de côté les clientèles chroniques et âgées. On parle de soigner des malades…pas de vendre son produit ! Pourquoi ne pas miser sur la collaboration, qui a fait ses preuves, plutôt que la compétition? Et si on parle d’argent…parlons-en sérieusement. Peut-on réellement demander aux usagers de se vider les poches pour payer le système de soins de santé, tout en ne leur offrant pas plus de services, tout en continuant à payer nos médicaments au gros prix, en multipliant des cliniques privées à but lucratif et en privilégiant la sous-traitance du public, alors qu’on sait pertinemment qu’au final les coûts seront plus élevés. Sans parler des agences privées de main-d’œuvre ou encore du choix très coûteux des PPP pour nos CHUs. Comment se réjouir suite à l’annonce d’un budget qui remet en question les fondements mêmes de notre système de santé? Comment se réjouir alors qu’on vient remettre en question les principes d’accessibilité et d’universalité? Qui profitera de ce budget et qui en paiera les frais? Monsieur Bachand, votre budget indéfendable, MQRP le dénonce haut et fort. C’est un affront envers les gens les plus malades et les plus démunis, un affront à la solidarité sociale, un affront à la démocratie. Dre Marie-Claude Goulet, Présidente Médecins québécois pour le régime public ![]() MOT DU STAGIAIREDepuis l’assemblée générale extraordinaire du REPAC en mars, je me suis inscrit au comité d’animation de la manifestation et pique-nique familial du 1er mai, qui était autrefois connu sous le nom de « Bloquons Charest ». Cet événement festif se veut empreint d’un esprit carnavalesque et revendicateur pour, comme le dit si bien le slogan : « Démasquer les vrais clowns! » Il y aura présence de plusieurs animations, activités, fanfare et bien d’autres surprises à partir de 11 h au parvis de l’église Saint-Roch et ensuite, dans les environs de 12 h 30, il y aura une marche, agrémentée d’animations et de surprises. Ainsi, vous êtes appelés et appelées à participer en grand nombre avec ou sans accessoires carnavalesques. N’oubliez pas d’apporter votre nourriture et vos « breuvages ». Raphaël Cadoret À VOS AGENDAS :MANIFESTATION DU 1er MAI, PARVIS DE L’ÉGLISE SAINT-ROCH, 11 h du matin. SEMAINE DE LA DIGNITÉ DES PERSONNES ASSISTÉES SOCIALES DU QUÉBEC, 2 au 8 mai 2010. FORMATION À L’ADDS-QM le lundi 3 mai, 9 h 30 à 14 h 30 au 301 Carillon, 418-525-4983. MANIFESTATION, le mercredi 5 mai, 11 h, 425 rue Saint-Amable, Québec, au ministère de la Solidarité sociale pour la fin des catégories à l’Aide sociale. S’inscrire à l’ADDS-QM, 418-525-4983. NUIT DE LA SPIRITUALITÉ, 8 au 9 mai 2010, 19 h à 7 h, Chapelle Newman, Pavillon Ernest-Lemieux, Université Laval. RENCONTRE MENSUELLE SUR LA MILITARISATION, 435 du Roi, 13 mai 18 h 30. FORMATION ANNUELLE DU REPAC, 13 et 14 mai, au Lac Beauport, Information : 418-523-4158 L’ANTICAPITALISME, FONDEMENTS ET DÉFIS, 15 mai, 9 h à 17 h, au Cégep de Limoilou, 20 $, diner inclus. Inscription obligatoire avant le 10 mai, formulaire disponible sur le Calendrier du Réseau du Forum social régional Québec-Chaudière-Appalaches. BRUNCH ANNUEL du CAPMO, 6 juin 2010, 10 h à 15 h, des billets vous seront offerts sous peu. Au Centre récréatif Saint-Roch, Angle Du Pont et Prince-Édouard, Québec. Information : 418-525-6187, poste 221 ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU CAPMO, le samedi 12 juin, 9 h à 16 h. 435 du Roi, Québec. Hommage à Guy Paiement s.j. Michel RiouxAnimateur social, à la fois homme d'action et théologien de haut niveau, à jamais solidaire des plus démunis et des moins bien nantis, éveilleur de consciences et prospecteur de sens, Guy Paiement, jésuite, a quitté ce monde à Pâques 2010. Avec lui, un prophète s'en est allé. Lui qui a passé sa vie à chercher des signes et à les déchiffrer, et qui n'a cessé d'expliquer la symbolique de la fête pascale, la plus importante pour les chrétiens, c'est cette journée-là qu'il a décidé de partir. La soif de justice sociale qui l'a habité toute sa vie a conduit Guy Paiement à former des réseaux de solidarité pour « donner des mains à l'espérance », comme il le disait. Président et surtout animateur des Journées sociales du Québec, il était constamment à la recherche de signes. Il y a quelques mois, il avait mis sur pied la commission Emmaüs, qui avait regroupé près de 150 personnes préoccupées par les problèmes des temps présents. À cette occasion, il avait écrit : « Plusieurs parmi nous sont désabusés devant l'abandon des promesses du concile Vatican II et la tendance de plusieurs responsables à se réfugier dans le cénacle. La chose n'est pas tellement différente de ce qui se passe dans la société où, malgré les crises qui la traversent, on semble se satisfaire des solutions d'hier et s'étourdir dans le monde du spectacle. » Il ajoutait pourtant, et c'était là l'expression de sa volonté de saisir les messages de l'Esprit, qu'il se préparait quelque chose de neuf et que ce quelque chose affleurait dans plusieurs de nos efforts. Il disait aussi que « la foi devait avoir de la terre après les pieds ». Autrement dit, pour Guy Paiement, avoir la foi exigeait qu'on passe à l'action, qu'on agisse. Préoccupé par les problèmes de la faim, il avait présidé il y a une quinzaine d'années la Table de concertation sur la faim et le développement social de Montréal, où il avait réussi à faire travailler ensemble organismes communautaires et représentants municipaux et gouvernementaux. Animateur au Centre Saint-Pierre, Guy Paiement a ouvert la conscience de centaines de personnes aux problèmes causés par l'absence de justice sociale. Pour démystifier l'économie, il a publié en 1997 L'Économie et son arrière-pays. Il y a quelques jours, Guy Paiement avait regardé avec beaucoup d'émotion la vidéo des funérailles de Pierre Falardeau. En septembre dernier, il avait accepté avec joie de présider les funérailles du cinéaste. Même affaibli par la maladie, le verbe de Guy Paiement avait retenti dans l'église Saint-Jean-Baptiste. Rarement une parole a-t-elle porté comme celle-là auprès des quelque 2000 personnes présentes. Il faut avoir entendu les applaudissements qui ont marqué cette célébration pour comprendre à quel point Guy Paiement avait su trouver les mots justes pour être en phase avec ces hommes et ces femmes de tous horizons venus témoigner de leur solidarité envers le cinéaste. D'entrée de jeu, Guy Paiement avait donné le ton en rappelant que Falardeau, comme Jean le baptiste, fustigeait les autorités qui bloquaient le changement vers un monde plus juste. Il avait choisi l'évangile de Luc où Jésus tombe à bras raccourcis sur les pharisiens et les scribes : « Malheur à vous, hypocrites qui laissez de côté la justice et l'amour de Dieu. Vous aussi, légistes, qui chargez les hommes de fardeaux accablants. » Il avait rappelé que cette charge contre le pouvoir en place avait mené Jésus à sa perte. Le célébrant, sous les applaudissements de la foule, avait ajouté qu'on ne pourrait pas faire taire la voix de celles et ceux qui dérangent les riches et les puissants « pour que tous aient accès à la table et soient traités dignement, pour que les richesses, les savoirs et les pouvoirs soient redistribués autrement ». Après la cérémonie, j'ai vu des dizaines de personnes lui serrer la main et lui dire à peu près ceci : « S'ils étaient tous comme vous, on serait encore là! » Il avait su toucher l'âme de ces gens et traduire avec clarté les sentiments qui les habitaient. « Je n'ai pas besoin de canoniser ici Pierre Falardeau », avait-il dit. « Mais je sais qu'il a voulu faire sien le destin de tout un peuple, un peuple dépossédé par les puissants et les intrigants. À ce titre, il mérite plus que notre admiration. Il s'est tenu debout et nous invite à faire de même. Il est une voix qui amène les enfants de demain à nous regarder dans les yeux et à nous demander: quel bonheur êtes-vous en train de nous préparer? Quelle société, quel environnement, quel vouloir-vivre ensemble allez-vous nous laisser? Qu'il en soit chaleureusement remercié. Car le neuf dont nous avons besoin se trouve dans cette direction. » Avec hier Pierre Falardeau et Pierre Vadeboncoeur, et Guy Paiement aujourd'hui, le Québec est en deuil d'hommes phares qui, chacun à leur manière, ont dit les espoirs, ont porté les projets et ont ouvert les yeux de ce peuple constamment à la recherche de ses repères. Un peuple qui décidera un jour de «se remettre debout», comme ils l'ont souhaité. Je mange donc je suis ! Patricia BecavinLa souveraineté … alimentaire. À défaut d’en avoir une … constitutionnelle, on peut au moins maîtriser, ou tenter de le faire, ce qui se retrouve dans notre assiette. Et j’avoue que je me choque moi-même quand je pense que je trouve parfois difficile de regarder les étiquettes et de réfléchir à deux fois avant d’acheter quelque chose. Alors que pour des millions de personnes qui partagent cette planète avec moi, le problème n’est pas de savoir « quoi manger » mais plutôt « comment faire pour pouvoir manger ». En fait, il apparaît très clairement que ceux et celles qui peuvent choisir leurs repas sont souvent les mêmes que ceux et celles qui peuvent choisir leur gouvernement. Souvent, les « citoyens », dans le sens de « ceux qui font partie de la cité », sont les chanceux et chanceuses qui peuvent se procurer une nourriture abondante et variée. Bon, je vous vois déjà grimacer… et vous avez raison, car même dans nos pays riches, il y a des pauvres du frigidaire et des affamés et affamées des fins de mois. Il a même fallu créer un club pour que des enfants déjeunent. Pour reprendre une phrase de Coluche, mon mécène-humoriste préféré : « Chez nous, on n’avait pas grand-chose et les fins de mois étaient difficiles, surtout les trente derniers jours. » Bon, le but de l’exercice n’étant pas de nous faire culpabiliser, mais plutôt de réfléchir, je vous propose un marché : pour tout le mois prochain, essayons donc de choisir au moins deux produits du Québec, et si possible près de chez-nous, pour pouvoir faire un pas dans la bonne direction : encourager l’économie locale, l’agriculture locale, protéger notre savoir-faire et notre savoir-cultiver, l’emploi, et nous assurer que toutes les terres cultivables ne deviennent pas la propriété de multinationales ou d’étrangers qui pourraient un jour décider que les produits alimentaires produits ici devraient plutôt être envoyés à l’étranger qui paye mieux, laissant le Québec à la merci d’une soudaine pénurie alimentaire. ![]() Et tant qu’à parler de souveraineté, d’engagement, mais surtout de fierté et de courage, je voudrais attirer votre attention sur la disparition d’un des plus grands héros du Québec : Michel Chartrand. Un des hommes des plus engagé, responsable, honnête et féministe, que j’aie jamais vu et surtout entendu. Entre lui et Janette Bertrand, je pense que le Québec a de quoi être fier de ses intellectuels et intellectuelles, même si je sais que tous les deux refuseraient cette étiquette. Ils en sont pourtant, et de grands, car ils pensent, ils lisent, ils écrivent, ils transmettent, beaucoup, mais surtout, ils savent se mettre à la portée de tout le monde et s’engager dans une lutte de tous les jours. Monsieur Chartrand, je pense que le Québec vous devrait des funérailles nationales. Mais comme cela ne sera pas le cas, j’ai décidé de vous garder vivant, dans mon cœur et dans mon esprit, comme un exemple à suivre et surtout à ne pas oublier. Merci M. Chartrand, et dites bonjour à votre Simone en arrivant là-haut. ![]() ![]() Révision faite par Micheline Bélisle |
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| page mise
à jour le 27 avril 2010 |
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