Jeudi 31 Janvier 2008 9:41:01 AM

 


Comptes-Rendus



 
Après chaque rencontre mensuelle, un compte-rendu est rédigé et envoyé à tout nos membres. À chaque mois, sur le site, vous trouverez le compte-rendu du mois en internet ou encore, les comptes-rendus des mois précédents en format « pdf » que vous pouvez visionner en vous procurant le logiciel Acrobat Reader.  Pour lire nos compte-rendus précédents, cliquez ici

                    
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Janvier 2012

Numéro 229

Joignez-vous à nous !

Chaque personne est un univers en soi et parvenir à créer un « nous » fonder sur un sentiment d’appartenance et un regard partagé sur le monde qui s’enracinent dans notre histoire personnelle et notre vécu groupal, s’avère tout un défi. Si nous ne désirons plus être un ensemble de trous noirs juxtaposés les uns aux autres dans un effort concurrentiel où chacun cherche à ramener la lumière vers soi, il faut s’attaquer à la source du problème. Convaincus du disfonctionnement du système actuel et de nos limites personnelles, nous parviendrons peut-être un jour, à l’aide d’un regard holistique qui inclut toutes les dimensions de « l’être », à recréer le « nous » communautaire des origines, celui de la communauté de destin liée à un territoire. Mais comment s’affranchir du monstre qui sommeille en nous, de l’ego idolâtre et possessif, jaloux et craintif ? Est-il juste de croire que l’homme est un loup pour l’homme et que rien ne saurait l’en guérir ?

Dans cette quête constante du retour vers l’unité perdue, en soi et avec les autres, nous apprenons le dialogue de « l’être » qui désire s’enraciner dans la réalité pour pouvoir la transformer. Non pas une réalité écran qui remplit notre vide intérieur sans jamais pouvoir le combler, mais une rencontre de l’autre fondé sur un vécu authentique des valeurs humaines fondamentales.

Enfin, pour qu’émerge le « nous » tant désiré, dans nos familles, notre quartier, nos groupes communautaires, nos partis politiques, notre société et notre pays, et que nous soyons tous tournés vers le soleil levant du bien commun de l’humanité, il faudra libérer la parole, l’éduquer patiemment, la partager, mais aussi écouter celle des plus petits, ceux dont le système actuel refuse d’entendre la voix. Individu, groupe, mouvement ou parti politique, comment faire cesser la discorde autour de nos intérêts divergents et, à première vue, irréconciliables ? Comment dépasser la prison de nos orgueils et des vanités blessées ? Comment retrouver l’humilité nécessaire à la camaraderie ? Comment rêver ensemble d’un monde meilleur, loin des paradis artificiels de la consommation ? Comment exorciser l’esprit bourgeois qu’on nous inculque dès la tendre enfance ? Au fond, chacun porte en lui la réponse. Conscients du problème, nous devons commencer par faire notre ménage intérieur parce qu’au fond, nous sommes toujours « l’autre » de quelqu’un. L’unité s’acquiert par l’amour du prochain, mais Vigneault nous rappelle aussi, qu’il est difficile d’aimer.



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Table des matières :
  1. La grande noirceur
  2. De quelles forces devons-nous nous libérer ?
  3. Loyauté envers la population
  4. Vision commune
  5. La famille
  6. Des écrans font écran à la réalité
  7. Unissez-vous !
  8. L'engagement social
  9. L'enracinement
  10. Accord de coopérantE Desjardins
  11. Minoritaire ou majoritaire ?
  12. Libérer la parole 
      1. Collectif pour un Québec sans pauvreté
      2. La défense collective des droits



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Lecture du texte du Conseil de la Résistance du 15 mars 1944


- En quoi ce texte possède des similitudes avec le Québec actuel ?
- De quelles forces devons-nous nous libérer pour avancer collectivement ?
- Quelles aspirations nourrissent mon engagement militant ?
- Ai-je du temps disponible pour m’engager dans un comité d’organisation du CAPMO ?

- Il y a aujourd’hui 68 ans, il y a des gens qui avaient pensé à un projet de société. La première question nous oriente directement dans cette direction, est-ce que le Québec a des similitudes avec cela ?

- Je vais répondre sur la nature de mes engagements. Moi je crois à l’engagement politique partisan pour changer les choses.  Pour changer l’ordre économique de ceux qui nous font voir la vie uniquement sous cet aspect, il va falloir agir au niveau politique. Je ne crois pas vraiment que les manifs vont finir par changer les choses.

- Les similitudes avec le Québec actuel : Le texte que nous venons de lire nous présente un peu comme un miroir inversé de la situation que nous vivons.  Les RésistantEs écrivent ce texte dans la clandestinité et ils décrivent un projet de société qui dans les faits, après la libération, sera réalisé pour une grande part dans de nombreux pays européens. Puis vingt plus tard, au Québec lors de la Révolution tranquille. Miroir inversé parce que nous sommes comme de l’autre côté de la colline, sur l’autre versant, nous ne rêvons pas de ces droits, nous les avons mais nous sommes aussi en train de les voir disparaître progressivement et je me demande si nous ne faisons pas face à une nouvelle forme de fascisme de l’argent. Il y a des gens qui travaillent à démonter ce pont de la solidarité sociale que nous étions parvenus à construire. Nous assistons à une entreprise de démolissage des acquis sociaux.

Sans faire de rapprochement trop facile entre la lutte contre le Nazisme et les idéologies néolibérales actuelles, nous sentons que le système économique est près à mener des guerres pour demeurer au sommet du pouvoir et de la richesse. Au niveau international, des nuages s’amoncellent à l’horizon, si nous ne faisons qu’observer la crise économique en Europe, aux États-Unis et les menaces de guerre avec l’Iran. Le président Obama vient de promulguer des lois encore plus sévères qui restreignent la liberté d’expression sur Internet. Si un citoyen américain diffuse sur le web des idées qui déplaisent au gouvernement américain, ce dernier peut faire incarcérer des gens sans chef d’accusation et les soumettre à des interrogatoires musclés. Au Canada, le ministre de l’environnement s’est attaqué aux groupes environnementaux, les qualifiant de radicaux et voulant interdire leur financement par des sources étrangères, ce qui est très marginal avouons-le.

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La grande noirceur


Selon moi, nous entrons actuellement dans une certaine période de noirceur. Certains politiciens fédéraux rêvent de privatiser Radio-Canada, ou ici au Québec, d’autres aimeraient vendre Hydro-Québec, des fleurons canadiens et québécois. Sans être pessimistes, pouvons-nous imaginer quels sont les éléments susceptibles de nous aider à construire une société à partir de nouveaux paradigmes. Si on ne fait que penser au coût du carburant, il est clair que notre vie va changer lorsque l’essence va coûter de 3 à 4$ le litre. De même, la mondialisation repose sur des coûts de transport à faible coût. À 200 ou 300$ le baril de pétrole, nous ne ferons plus venir nos roses par avions. Bien des choses devront être construites ici à nouveau.

- Il semble y avoir de nouveaux conquistadores qui veulent exploiter nos ressources naturelles, métaux, pétroles, gaz de schiste. Je ne suis pas certain que cela règlerait le problème si nous étions exploités par des Québécois plutôt que par des étrangers. Cela donne une impression de se faire conquérir. Moi cette année, j’aimerais travailler la question des entreprises canadiennes ou québécoises qui vont exploiter les ressources des pays du Tiers-Monde à l’encontre de la volonté des populations locales en exerçant bien souvent de la violence pour arriver à leurs fins. Il y a l’exemple d’un projet d’une mine à ciel ouvert, dans un village de 10 000 habitants qui existe depuis 500 ans. Il y a des centaines de projets semblables juste au Mexique. Il y a des parallèles à faire avec entreprises gazières ou minières au Québec qui peuvent parfois imposer leurs projets à l’encontre de l’opinion des populations locales. Même si le gouvernement veut nous dorer la pilule, on se doute que les populations locales ne sont pas toujours enchantées de voir un projet minier ouvrir dans leur municipalité.

Je vais conclure avec l’Island. Ce petit pays  de l’Atlantique nord a refusé de rembourser la dette des banques spéculatives et la population a fait tomber deux gouvernements pour ne pas se plier aux exigences des gouvernements anglais et danois. Les Islandais viennent d’élire un groupe de citoyens et de citoyennes qui auront pour tâche de rédiger une nouvelle constitution. Étrangement les médias d’ici n’en parle jamais. Il y a une révolution démocratique qui se passe en Island. Les banques privées qui ont fait faillite en Island étaient des banques très spéculatives et la population a refusé d’être responsable des dettes encourues par des irresponsables. Nous avons des leçons à apprendre de ce peuple de 350 000 habitants.

- Je reviendrais sur l’envers de la situation décrite dans le texte. La Révolution tranquille et ses acquis au plan social, la solidarité qu’on se fait gruger petit-à-petit. Les médias tentent de nous enlever encore, les radios poubelles et les grandes gueules de droite cherchent à nous faire croire que c’est pour nous donner encore plus de libertés, et plus d’avantages alors que c’est pour donner plus de force aux plus riches. Mais malheureusement, même les moins riches de la société finissent par adopter ce discours de désolidarisation. Il y a beaucoup de gens qui se laissent berner par cela alors que ce sont les plus riches qui en profitent.

- La liberté ce n’est pas une marque de yogourt.



De quelles forces devons-nous nous libérer ?


- Nous venons tout juste d’en identifier en parlant de l’ignorance et de l’abrutissement que les médias provoquent chez leurs auditeurs. Ce n’est même plus théologique de le dénoncer, je pense que n’importe quel communiste, humaniste, écologiste ou féministe, peut le voir. Cela crève l’écran.

- Moi je dirais : l’individualisme et l’économisme, le matérialisme à court terme, tout cela soutient notre manière d’entrer en relation avec soi, avec les autres et avec l’environnement. Le darwinisme social aussi qui affirme que seul les plus forts survivent. Une cosmologie telle que le Big bang qui s’appuie sur le hasard et le caractère aléatoire de la présence humaine sur Terre, tout cela contribue à nous dissocier de notre monde. La vie est un hasard, alors essaie d’en profiter le mieux que tu peux. Moi l’image que j’ai de Darwin, c’est celle d’une compétition incessante entre les individus et les espèces pour occuper la meilleure niche écologique possible.

- Moi je pense que Darwin a été récupéré et interprété en ce sens car cela servait les intérêts d’un tel discours, mais il y aussi tout l’aspect de la collaboration entre les espèces et les individus qui n’a pas été vraiment diffusé dans ses recherches. Le darwinisme social n’est pas la théorie de l’évolution des espèces de Charles Darwin. C’est une perversion de cette théorie.

- Oui mais la théorie de Darwin, un peu comme le Big Bang, n’a pas besoin de trame, mais la trame est ce qui nous relie les uns aux autres. Dans notre imaginaire collectif occidental, nous n’avons plus besoin, comme dans une tapisserie, de fils conducteurs qui servent de trame et nous relient ensemble, à travers le temps et l’espace. Le terme voisin au Moyen-âge signifiait quelqu’un qui fait parti d’une communauté. Il y avait alors une trame qui reliait les individus les uns aux autres. Le voisin aujourd’hui est considéré comme un compétiteur. Quand on clame « So-So-Solidarité » dans une manifestation, de fait chacun est seul dans une conception du monde qui nous isole les uns des autres. Le darwinisme social amène cela puisqu’il nous empêche de voir le ciment qui nous lie les uns aux autres. Cela a de graves conséquences au niveau de la conception des rapports humains.
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Loyauté envers la population


- Le fait que vous connaissez tous, les démissions de deux députés qui ont changé de camp, un à Québec et l’autre à Ottawa, qu’est-ce que cela exprime dans le domaine de l’ordre public ou de la raison publique ? Il m’apparaît que l’un des deux démissionnaires, c’était clairement pour promouvoir sa carrière pour avoir plus de chances d’être ministre ou de mener un parti politique à partir d’en haut. L’autre c’est à cause du décès de Jack Layton et elle se sent libre de changer d’allégeance politique. Dans un raisonnement sur la chose publique ou l’attention à l’organisation et au bien-être de tout le monde, où est-il ? Est-ce que la chose politique consiste simplement à défendre nos intérêts privés ? Que ce soit du côté du pauvre qui réclame ce à quoi il estime avoir droit ou bien du côté du riche, si on le fait simplement en fonction de l’intérêt individuel à sauver, quelle différence cela fait-il au point de vue du raisonnement ? Et on va arriver au même bénéfice et inconvénient.

Le noyau de l’organisation social devrait se faire dans une perspective d’ensemble, pour tout le monde. Ce n’est pas cela l’organisation actuelle. Aujourd’hui, ce qui compte c’est le profit avant tout. Les riches forcent les autres à travailler pour leur bien car ce sont les dominants qui imposent les règles du jeu. Quand on est pauvre, on doit se défendre pour pouvoir gagner sa vie. Les dominés reprennent le pattern des riches pour obtenir leur part du gâteau qui est bien en-deçà du bien commun. C’est pourquoi la tendance est à l’individualisme et au chacun pour soi. C’est pour cela qu’il faut transformer l’économie pas seulement pour moi, mais pour tout le monde. En ce sens, il y a tout un changement d’orientation. Dans nos contestations, pour avancer, il faut le faire collectivement et travailler à ce qu’il y ait une répartition équitable des biens de la Terre. C’est bien au-delà de la défense des droits qui est comme un minimum. De fait, il existe un esprit de la collectivité qui fait que chacun se reconnait comme l’égal de l’autre en droit et en dignité. Ensemble quand tout le monde va être heureux, on va tous être heureux.

Il faut de l’organisation et un esprit derrière cela, une mentalité et une conviction, parce qu’il faut se convaincre, que nous sommes tous égaux et que nous sommes tous dignes d’être reconnus comme une personne humaine et que nous avons tous le droit à de juste conditions d’existence.
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- Il y a une perspective individualiste parce qu’il y a un ego qui doit s’osmoser, se lier aux autres, construire du lien social, du « nous ». C’est l’armure autour de l’ego qu’il faut briser. Tout est dans la perspective. Moi dans ma coop d’habitation, j’essaie de construire du « nous ». Après chaque conseil d’administration, j’écris à mon monde une réflexion qui vise à les sensibiliser à cet aspect qui consiste à faire attention aux autres. Quand on essaie d’augmenter nos jouissances ou de s’accaparer de nouveaux biens, on demeure toujours dans une perspective individuel, exactement comme ceux qui désirent se remplir les poches. Mais construire du « nous », cela n’est pas évident. Nos membres nous disent lorsqu’ils viennent à nos réunions, la raison pour laquelle ils veulent avoir un logement chez-nous. C’est parce qu’ils veulent vivre dans une coopérative. Mais lorsqu’on leur parle de ce que c’est une coop, ils nous répondent qu’ils n’avaient pas vu ça comme cela. Il y a beaucoup de pédagogie à faire, mais il existe différentes écoles de pensée et chaque fois qu’un nouveau C.A. est élu, ils se croient tout puissant.



Vision commune


-  Pour reprendre la question de la vision, il est clair selon moi que les gens qui signent ce texte, ont une vision commune, ils se reconnaissent dans un même chef, et ils ont un sens de l’histoire pour la France, ils ont le sens du collectif, de la nation, pas dans un sens ethnique, mais plutôt d’une communauté de destins d’individus qui partagent une même histoire, une culture commune et un même territoire. En ce sens, chaque nation représente un collectif qui à travers un État se donne les moyens de ses ambitions communes en s’organisant à partir de ce qu’elle est.

Ce qui nous manque au Québec se sont des leaders politiques avec cette vision d’une histoire à construire ensemble. Aujourd’hui nous avons droit à des projets à la pièce et dissemblables. Nous avons besoin de dirigeants qui ne pensent pas qu’à eux-mêmes et au chacun pour soi, qui change de parti politique lorsqu’ils ont peur de ne pas être réélus. Aucun ne semble avoir une vision claire de ce que pourrait devenir cette société du Québec, à partir de ses forces, de ses ressources et de son histoire. Nous sommes sous la logique du système. Les riches et les puissants dictent les règles que les salariés et les travailleurs n’ont d’autres choix que de suivre. Nous ne faisons que subir les lois qu’eux autres instaurent à leur avantage. La loi est faite pour protéger les puissants, c’est clair. Et plus tu es riche, plus tu t’affranchis des règles qui affectent les autres classes de la population. Les lois semblent faites pour tenir la masse en laisse.

Dans un livre qui s’intitule :  « La révolution spirituelle », qui traite de la sagesse bouddhiste, il est écrit que le « je » ou le « moi », chez Bouddha, est considéré comme une fausse perception du véritable « moi » qui se trouve à l’intérieur de soi, bien plus vrai que la projection narcissique de notre ego toujours en lutte avec lui-même pour être reconnu. L’être vrai se trouve derrière l’apparence de cet ego qui n’est que vanité et désir. Cela fait en sorte que plusieurs acquièrent une fausse identité et vivent en réalité une pièce de théâtre. Ellacuria, un théologien salvadorien, disait : « Toute valeur en soi est bonne, le danger c’est de faire de l’une de ces valeurs, la démocratie, les droits de l’homme, la liberté ou encore la solidarité, l’unique valeur absolue. On en arrive alors bien vite à produire de profonds déséquilibres qui conduisent à l’oppression. Chacune de ses valeurs doit demeurer en équilibre avec les autres pour construire un projet de société viable. On ne peut pas avoir seulement la liberté comme unique valeur, elle doit être contrebalancée par d’autres valeurs, telles que la justice et la solidarité. »

- Au sujet des coopératives d’habitation, à la fédération des coops, on nous dit qu’il faut avoir un esprit de coopération et y participer, mais de toute évidence, les gens ne désirent pas s’impliquer, ce sont toujours les mêmes qui participent aux corvées et aux réunions. Ils disent qu’ils n’ont pas le temps et qu’ils sont occupés à faire autre chose ailleurs. Même pour l’assemblée annuelle, il y a seulement un petit groupe qui se rassemble, toujours les mêmes. Pour ce qui est des députés transfuges, cela démontre les limites de notre système démocratique. Et pour ce qui est de répondre à la question du jour : Que faisons nous maintenant ? Une étape que nous pourrions franchir ce serait de mettre des pressions sur le gouvernement pour aller vers un système proportionnel qui équilibrerait davantage le système démocratique et éviterait peut-être dans une certaine mesure ce genre de comportement ?

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La famille


- Quand on est enfant et qu’un nouveau-né arrive, la plupart des familles vivent la même chose. Au moment où un autre arrive, on se sent dépossédé parce qu’on n’a plus alors l’attention unique de nos parents. On est obligée de la partager. C’est la même chose avec les jouets.  S’il n’y avait pas un geste éducatif des parents, il est très clairs qu’on serait très narcissique tel qu’on est actuellement socialement et collectivement. Comme société, nous allons de plus en plus vers une préoccupation permanente de soi, et de moins en moins des autres. D’abord parce que les familles sont de plus en plus petites.

Le sens du social c’est dans la famille que tu l’apprenais auparavant et cela est très difficile de retrouver cela ailleurs lorsque le partage n’a pas été appris dans l’enfance, sauf dans les mouvements de jeunesse mais cela aussi a tendance à disparaître. Par exemple, chez les scouts, les valeurs qui sont véhiculées, ce sont des valeurs de socialisation que j’ai vécues lorsque j’étais adolescent. On apprenait à travailler parce que notre mission c’était d’éduquer par le sport et le loisir, donc à partager des choses, à se donner des règles sociales, des règles de conduite que tout le monde respectait. Il y avait une éthique qu’on développait alors qu’aujourd’hui, c’est la carrière avant tout. Le projet familial n’est plus le centre du projet personnel.

Nous arrivons avec une société qui a développé depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, l’emprise du paraître sur nos vies, de l’avoir, de l’acquisition, du toujours plus, de l’accumulation. On se plaint que nos politiciens sont comme cela alors que nous ne sommes pas mieux qu’eux. Le seul espoir que je vois, ce sont des discussions telles que nous avons ce soir, mais je trouve que nous ne sommes pas assez nombreux. Comment doit-on faire pour faire sortir les forces et libérer cette collectivité pour en arriver à bâtir le « nous » ? C’est de voir avec les autres, comment peut-on s’affilier aux autres minorités qui se posent les mêmes questions ?

Cela n’est pas nécessaire d’avoir 100% des gens pour effectuer un changement social. Selon le loi de Pareto, il suffit de 20% d’une population engagée, consciente et cohérente avec ses objectifs. Alors, on parvient à produire des renversements de situation. C’est le principe de la bascule. Je pense que c’est seulement là qu’on peut espérer avoir un résultat. Pour cela, il faut faire tout un travail de conscientisation pour se rééduquer du narcissisme dans lequel nous baignons à chaque jour. Uniquement avec la quantité d’informations que nous recevons par Internet, il est impossible de tout lire. Nous sommes continuellement solliciter pour nous tourner vers la consommation. La voie c’est d’aller chercher le « nous » mais on ne peut le faire seul. On peut commencer à chercher ces forces vives qui se posent les mêmes questions et en arrivent au même constat, dans quel cul-de-sac, socialement et économiquement, sommes-nous en train de nous mettre. Il faut tenter des choses en commun en faisant alliance avec d’autres groupes.


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Des écrans font écran à la réalité


- Aujourd’hui, avec le nombre d’écrans dont les gens entourent leur vie, ils ne sont plus en contact ni avec eux-mêmes, ni avec la réalité. Les gens ne se parlent plus, ils s’envoient des messages textes. C’est pourquoi je n’ai aucun écran chez-nous. En fait, nos sens sont tournés vers la périphérie pour fuir notre vide intérieur. Ça nous évite d’être confrontés avec notre vide intérieur. Parce que nous avons perdu notre vision du monde, nous passons par les écrans pour retrouver un semblant de contact avec la nature et avec les autres. Une vision du monde qui est d’abord la conception que chacun a du monde. Il s’agit « d’être » au monde. Comment avoir une vision, une conception du monde, qui me permet de me comporter en tant que tel ? Si je veux projeter un monde solidaire, comment dois-je habiter mon corps pour être en correspondance avec ce désir et cette vision. Il y a une différence entre la vision, le senti et la perception. Ce sentiment de vide se produit parce que nous vivons en périphérie, à l’extérieur de nous-mêmes. En même temps, ce vide intérieur est rempli par toute les images que nous avons et qui nous viennent de l’extérieur. Il n’y a plus de place pour accueillir du neuf, pour se recueillir.

Pour moi, les coopératives d’habitation, correspondent trop souvent à un égoïsme en commun pour satisfaire un besoin. Je me posait la question, comment on fait pour faire fonctionner une coop ? Ce n’est jamais parfait, mais c’est déjà un pas dans le bon sens. Si je faisait un dessin, l’ego est un trou noir, parce qu’il aspire tout vers lui. Une société de trous noirs devient vite invivable. La théorie des ensembles nous apporte également quelques éléments de compréhension sur le fonctionnement de la vie en société.  Nous avons un grand ensemble qui s’appelle l’univers, puis nous avons des plus petits ensembles à l’intérieur de celui-ci. Chaque ensemble représente une catégorie, mais chacun est fermé sur lui-même et peut être considéré comme égoïste. Il y a aussi l’ensemble vide qui est présent dans tous les ensembles. En fait, cela rejoint la définition du Taoïsme que tout est dans tout.
 
Un dernier point, tous les projets de sociétés que nous avons portés depuis les quarante dernières années,  le problème majeur que j’ai identifié, c’est que nous ne sommes jamais à la hauteur de ces projets, individuellement et collectivement.  Individuellement, c’est mon ego que je peux travailler alors que dans nos vies nous travaillons toujours sur l’extérieur. C’est comme si nous n’étions pas les autres de quelqu’un d’autre. C’est toujours la faute des « autres ».  Dans nos plans d’action, on met toujours, changement de société, changement des lois, éducation relative à l’environnement, mais est-ce qu’on le fait de manière cohérente e fonction des besoins de chacun ? Par exemple, prendre soin de mon corps implique pour moi de bien manger, de respecter l’environnement, de consommer des produits locaux.  Je devrais donc me tourner vers un partenariat avec un agriculteur biologique local. Un nouveau contrat social doit être passé dans le domaine de l’agriculture entre le mangeur et le producteur d’aliments et le marchant. Donc, cela m’amène à changer mes habitudes de vie. Il y a tout un travail que l’on peut faire sur soi-même en attendant le grand soir.  Ne l’oublions pas, c’est la qualité des pierres qui va faire la qualité de la pyramide.

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Unissez-vous !


- Quand on dit qu’il faut absolument changer quelque chose, moi j’ai beaucoup d’espoir dans ce qui s’est appelé en 2011 les « IndignÉs » qui ont occupé les parcs. Je pense que dans cet esprit, il faut demeurer à l’écoute de ce qui va se passer pour pouvoir contribuer. J’aimerais cela avoir un ressenti collectif. Sentir l’opinion publique et ses humeurs, un peu comme avant Noël, certains jours de décembre où les gens se laissent prendre par la frénésie d’acheter. Je ressens toujours cette euphorie de consommation, mais il y a aussi beaucoup de gens qui sont frustrés parce qu’ils ne pourront pas consommer autant. C’est un sentiment collectif auquel il faut savoir résister. Il faut être à l’écoute, mais aussi vouloir contribuer parce que pour les analystes qui interprètent le mouvement des IndignÉs, il y a là un sentiment collectif auquel les gens s’identifient facilement. Il y avait en Espagne un sentiment d’indignation qui s’est propagé, qui s’est incarné partout. Hessel dans son texte « Indignez-vous! », il y a un sentiment collectif là-dedans. J’ai beaucoup d’espoir pour 2012. Soyons à l’écoute parce que cela nous permet de contribuer et tout le monde peut y mettre son grain de sable.

- J’écoutais sur Internet, le mouvement de grèves étudiantes au Chili en 2011 et l’une de ses figures de proue, Camila Vallejo, présidente de la FECH, Fédération étudiante du Chili, membre de la jeunesse communiste. Au début de l’année 2011, vers le mois d’avril, ils étaient environ 8 000 a manifesté contre l’endettement étudiant, les profits réalisés par certaines institutions d’éducation privée et le sous-financement de l’État envers le système d’éducation. Quelques mois plus tard, ils et elles étaient 250 000 à manifester à la grandeur du pays pour le refinancement de l’éducation, la nationalisation des ressources minières, le Chili est le premier producteur mondial de cuivre, et la réouverture de la constitution héritée du régime Pinochet parce que celle-ci accorde la primauté au droit privé sur le bien commun. Un problème menant à l’autre, les étudiantEs ont mobilisé de larges secteurs de la population derrière leurs revendications et ses leaders ont atteint une renommé qui place certains d’entre eux, dont Camila Vallejo, en bonne position pour être élus députés au parlement.

Le mouvement étudiant qui a paralysé l’éducation au Chili tout au long de l’année 2011, était en parti mené par ceux-là même qui en mars 2005, alors à l’école secondaire, avaient manifesté pour une plus grande accessibilité à des études postsecondaires. Cette génération qui monte, si elle maintient bien haut ses idéaux de solidarité et de souveraineté économique pour le peuple du Chili, finira pas accéder au pouvoir et par réécrire la constitution. Affranchie de la peur semée par la dictature, cette génération semble consciente que ses efforts visent à la construction d’une conscience sociale sur le long terme. Les petits-enfants de ceux et celles qui ont fait la révolution pendant les années 1960-1970, n’ont pas cette peur en eux parce qu’ils n’ont pas subi la répression. Je sais qu’il s’agit d’un écran, mais cela permet d’observer des luttes sociales à l’autre bout de la planète et c’est motivant de voir cela. Stéphane Hessel a eu des impacts jusque là-bas.

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L'engagement social


- Les députés que j’observe, que je connais, n’ont pas de projet politique, n’ont pas de vision. Ils font de la survie au jour le jour. Allant d’un souper spaghetti à un autre, d’une fête à une autre, et ils s’épuisent là-dedans, croyant rendre service aux gens. Donner la main aux gens c’est fort sympathique, mais, en réalité, ils n’ont rien offert aux gens. Par ailleurs, je ne suis pas convaincu que les contestataires soient si minoritaires que cela. Grâce aux réseaux sociaux, énormément de gens sont informés, ont une opinion, et lorsqu’ils le peuvent vont s’impliquer sur des causes particulières. Le problème, c’est plutôt la division des forces investies dans une multitudes de causes et de problématiques. Il y a des gens qui peuvent se changer soi-même sans avoir un discours de gauche, mais le changement social peut survenir brusquement lorsqu’une majorité se sera mise d’accord sur certains principes. Cela peut passer inaperçu parce qu’ils n’occupent pas l’espace politique mais cela ne les empêchent pas d’évoluer dans leur réflexions et leurs actions ou modes de vie.

- Si nous prenons l’exemple d’Yvonne qui est venu bénévolement nous faire un bon souper, mais qui n’est même pas rester pour manger parce qu’elle devait aller ailleurs, son geste est complètement gratuit. Elle a fait cela pour que nous puissions être heureux ensembles et qu’ensuite nous ayons le ventre rempli pour pouvoir discuter ensemble. 

 - Si certains jeunes prêchent les idées de droite, où on entend par exemple que la solidarité sociale brime leur liberté, la plupart ne se laissent pas attraper par de tels discours réducteurs. Certains croient qu’une assurance collective correspond à une violation de leurs libertés. Ils ne sont pas si nombreux, malgré la puissance de leur média. Ce sont des grandes gueules. Il ne faudrait pas avoir l’impression qu’ils suscitent l’adhésion de la majorité. Certains de ces porte-paroles de droite, éditorialistes connus de la radio et des journaux de l’empire, ont beau mentir en onde, ils ne seront pas poursuivis en justice pour leurs propos. Tout cela me donne l’impression que nous ne sommes pas si minoritaires que nous le pensons. Minoritaires à croire que nous pouvons changer les choses et à essayer avec d’autres gens de trouver des solutions, etc. il est vrai que la plupart des gens sont plus occupés dans leur survie.

J’ai espoir parce que nous ne sommes pas aussi minoritaire que nous le croyons. Oui, il y a un problème d’individualisme, mais nous sommes aussi pris avec un problème politique sale, au sens de pouvoir. On peut être 75% à avoir des valeurs similaires au Québec, mais nous avons un sentiment d’impuissance à pouvoir changer les choses. La question du changement m’interpelle beaucoup parce que je peux être conscient de bien des affaires sans pouvoir y changer quoique ce soit. Je vais terminer par une anecdote : Être conscient, c’est une chose, mais cela ne signifie pas que j’ai évolué ou que j’ai changé quoi que ce soit dans ma vie.  On peut collectivement constater un problème, comme les changements climatiques, sans faire les changements nécessaires.

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L'enracinement


- Aujourd’hui, on porte nos chaines télévisuelles. C’est nous-mêmes qui avons accès au soma. Dans le premier plan d’action que j’ai fait aux Amies de la Terre, je parlais d’information, de sensibilisation et de conscientisation pour ensuite m’apercevoir que je parlais de la tête, du cœur, et de la volonté. Si cela n’était pas présent chez les nouveaux députés, en terme d’enracinement, il est certain qu’ils vont vivre des difficultés. Quand on est mal enraciné dans la vie, le flot des événements nous emporte. Si on prend l’exemple de la fidélité à une cause sur plusieurs années, voire des décennies, on voit l’exemple des militants qui ne sont pas enracinés et qui vont vivre des expériences dans différents groupes sans jamais y demeurer. C’est l’enracinement que nous avons qui nous permet de durer dans l’engagement. Il faut s’enraciner dans une conception qui fait qu’on la porte comme faisant parti de notre vie. Peu importe ce qui arrive, on n’est pas balloté.   

- Les gens ont une vie seule. Ceux et celles qui ne sont pas dans la pauvreté tirent aussi le diable par la queue car ils doivent courir comme des fous pour arriver et prendre soin des leurs qui ne sont pas toujours très équilibrés. L’indifférence envers les problèmes des autres est aussi monnaie courante. Y’avait rien qu’à ne pas boire, y’avait rien qu’à pas fumer, y’avait rien qu’à ne pas étudier si longtemps, y’avait rien qu’à ne pas avoir d’enfants si jeune, y’avait rien qu’à ne pas s’endetter, etc. Tous les prétextes sont bons pour blâmer les autres de leur malheur et pour ne pas les aider. Comme il semble difficile d’être solidaire les uns des autres, parfois même au sein d’une même famille. Il faut être attentif à tous… je crois sincèrement qu’à moi seule je ne peux pas soulager la misère du monde, même celle de mes voisins immédiats. J’ai de la misère à être attentive à moi-même, imagine aux autres. Merci de votre attention.

- - J’aimerais vous interpréter une chanson de Vigneault qui traite du moment actuel que nous vivons avec des menaces de guerre à l’horizon. Il est quatre heure …. J’aime beaucoup cette chanson car c’est une présence au quotidien et en même temps à ce qui se passe sur la Terre.

Il est quatre heure, le jour est gris, je n’ai pas pris le temps de vivre et c’est la nuit.
Un train qui pleure va loin d’ici, des gens s’en vont voir si leurs rêves est dans leur lit.
Et c’est la guerre loin de chez-nous comme un grand cri, comme un grand jeu d’à qui perd gagne à tous les coups. On croit la faire avec des sous, mais dans le corps des gens très loin, ça fait des trous. La vie est à pied, la mort se dépêche. Du sel, du lait, des œufs, des pêches. Qu’est-ce que j’ai encore oublié ? Qu’est-ce que j’ai encore oublié ?
La peau se rive sous le métal, on le sait bien, d’un soir à l’autre on le voit bien et c’est banal. Et ceux qui disent que c’est normal, quand c’est trop laid c’est qu’on n’est pas au bon canal. 
Le jeune à Jacques s’en va demain. La Jeanne a dit : Tu pars, mon cœur est dans tes mains. Reviens à Pâques, à la Tous Saints, je suis ta femme et toi mon homme, on n’y peut rien. La vie est à pied, la mort à la hâte.
Du pain, du vin, de la poudre à pâte, qu’est-ce que j’ai encore oublié ? Qu’est-ce que j’ai encore oublié ? Ça fait deux heures qu’il est parti. Il prend un verre, il prend son temps chez des amis. Et toi tu pleures, mon beau Jean-Louis. C’est mon droit, j’ai rien compris, j’ai pas fini.
Déjà neuf heure, le jour a fuit et je n’ai même pas eu le temps de faire un lit. Le cœur se leurre d’un peu de bruit qu’il soit midi, minuit, le monde est dans la nuit. La vie est à pied, la mort est à l’heure. De l’air, du beurre, qu’est-ce que j’ai encore oublié ? Qu’est-ce que j’ai encore oublié ?

Gilles Vigneault



Accord de coopérantE Desjardins


Ce que j’ai oublié de dire et d’agir en conséquence, regarder ici cette dame qui tient une pancarte et dit : Reprenons le pouvoir sur notre monnaie ! » La richesse c’est nous. Si on pense aux efforts depuis 1998 d’un Collectif pour un Québec sans pauvreté, c’est un Québec riche de tout son monde, et si l’on va dans le concret des choses, celle de l’assemblée générale annuelle d’une caisse populaire de chez-nous. C’était à Armagh en 2009, j’avais présenté une proposition qui n’a pas été acceptée mais que j’aimerais vous lire.

Accord de coopérantE Desjardins

Confiant en nos cent neuf ans de pratique coopérative, je m’engage ici à la vie économique et sociale en héritier réaliste, digne de Dorimène et d’Alphonse Desjardins.

Quand j’épargne, je prête à des gens à un taux fonctionnel, c’est-à-dire avec juste le % d’intérêt pour que notre Caisse fonctionne, plus 1% pour m’encourager.
Quand j’emprunte, je paye au taux fonctionnel convenu, plus le 1% qui m’encourage à rembourser à temps.

Je compte sur le personnel de notre Caisse pour organiser, à partir d’aujourd’hui le 29 avril 2009, un mouvement populaire en faveur, par exemple, des Préventions économiques régionales et locales (PERL) pour la production de biens et de services d’usage courant. Ou bien, en nous constituant un fond monétaire distinct non spéculatif, ajoutons à nos services financiers le STAB, nouveau Service Taux Anti-crise Balancé. Mettons-y le BEC pour y jumeler les Besoins entre ÉpargnantEs et EmpruntEurs à Coopération Concrète, ou même à Distinction Desjardins … et c’est le BED !

STAB, STABBEC ou STABBED, je signe en souriant cet accord pour la stabilité et la tranquillité d’esprit. C’est plus reposant de travailler régulièrement au fil des jours avec nos proches que de risquer la bourse ou la vie au bout du monde.

CoopérantEs volontaires des Monts de Bellechasse
Dans la revue Vie Économique, un article de Vivian Labrie que je porte à votre attention :
Dans toute l’incertitude de l’époque, je peux évoquer quelques picsoucertitudes concernant l’économie :
1—Penser s’en sortir sans les autres en pensant faire de l’argent avec de l’argent est contre-productif. Comme un casino, le jeu est conçu pur être globalement perdant, sauf pour la banque évidemment.
2—L’égalité, cela ne tombe pas des nus, cela demande un effort collectif soutenu pour la produire.
3—Le meilleur moyen pour le faire, c’est encore le levier collectif dont nous disposons avec nos finances publiques. ( Budget de l’État : 65 milliards de dollars, économie du Québec, 250 milliards par année. Ces 250 milliards, c’est chacun de nous qui les contrôle par ses achats, ses épargnes et ses investissements. Le seul portefeuille sur lequel j’ai le contrôle c’est celui que j’ai sur la fesse.)
4—On ne se trompera pas en faisant passer les efforts du gouvernement par la réduction de la pauvreté en passant par la voie du milieu. Il est possible de penser autrement et cela passe par chacun et chacune de nous. 



Minoritaire ou majoritaire ?


- Lorsque je parlais tout à l’heure d’avoir le sentiment d’être minoritaire, de la nécessité de mobiliser les forces pour en arriver à un « nous » collectif, si nous sommes si peu minoritaire, qu’est-ce qui nous empêche de nous unir pour créer ce grand « nous ». C’est cela qui me laisse l’impression que nous ne sommes pas nombreux. Je lisais un article qui disait : Une ville, pour qu’elle réussisse économiquement, doit être un flot continuel en mouvement. Si on arrête la circulation, le cœur économique s’arrête. Quand on dit faut que ça roule l’économie, on exprime là une vérité. Si on avait été 10 000 ou 20 000 a manifesté notre solidarité avec les gens d’Occupons Québec, nous aurions fait cesser la circulation sur deux artères principales de la ville. Derrière tout cela, j’ai commencé à réfléchir mais comment cela se fait-il que cela n’aie pas soulevé le même enthousiasme qu’ailleurs. Mais ailleurs c’est terrible la crise économique qui se vit. Ici nous sommes très privilégiés économiquement parlant. Nous sommes dans l’abondance et l’opulence. Même si on a 40% des gens qui ne paient pas d’impôt, nous sommes malgré cela dans l’abondance et dans l’abrutissement. Bref, quand et comment réussirons-nous à créer le « nous » ?

- Il faut développer notre propre discours. Un discours qui soit vraiment et radicalement différent de celui qui est promu, un discours néolibéral et libertarien qui nous dit à peu près n’importe quoi et son contraire.  Un discours des 99% pour les 99%, en tenant compte du problème que tu soulèves qu’il y a plusieurs personnes acquises aux valeurs de la solidarité, aux valeurs de l’entraide. La première chose à faire est un débat de valeurs dans l’ensemble de la société afin de trouver des valeurs stratégiques. Je lisais l’autre fois, qu’une société est sauvée par ceux qui semblent les plus faibles, par les gens qui vivent à sa marge et qui sont victimes de la société. C’est extrêmement important. Les pauvres, tous ceux qui sont victimes d’addiction par exemple, l’alcoolisme, la drogue et tout cela, parce que l’effort qu’ils font pour se sortir de leur merde sont des efforts qui peuvent profiter à l’ensemble de la société. Ça c’est extrêmement important car chacun a sa place.

De même, il faut remterreplacer la production économique par la production sociale. La théorie de la société que je travaille depuis 35 ans, est anti-productiviste. C’est avec les Amis de la Terre que j’ai d’abord développé cela dans le temps du camarade Jourdan. Ce sont eux qui m’ont ouvert un peu l’esprit.  La conclusion de mon livre va aller dans le sens de ce qui se passe présentement c’est-à-dire , indignÉs, RésistÉs et EngagÉs. L’IRE, un vieux mot latin qui veut dire colère. C’est une colère justifiée que nous avons. Résister, c’est le mot d’ordre des Zapatistes. Le philosophe Alain disait au début du XXème siècle que le premier devoir du citoyen est de résister à l’État. C’est uniquement de cette façon que nous allons en faire un État de droit qui va respecter les libertés citoyennes, sans pour autant nous faire trop d’illusions.

Tous ceux qui parlent de dominer la société civile sont sortis de celle-ci avec le temps. D’abord les grandes religions, et maintenant c’est le marché, c’est l’économie qui s’en détache.  Il faut ramener ces gens là et les mettre au service de l’ensemble de la société. Nous avons un travail à faire là-dessus en changeant nos valeurs et en portant un discours différent nous pourrons arriver à le faire. Il y a beaucoup de choses qui se font actuellement et il faudrait organiser un mouvement pour l’autonomie de la société civile. On pourrait organiser cela pour surveiller les partir politiques qui sont plus proches de nous. Il faut surveiller nos élus car ils sont confrontés au pouvoir d’État, ce qui n’est pas facile. Le pouvoir tend à corrompre, le pouvoir absolu, corrompt absolument. Le but de cette théorie de la société civile est de récupérer tous les pouvoirs que nous sommes capables d’exercer. Dans ce cadre là je m’engage à présenter cette théorie de la société civile en cinq rencontres, chaque premier jeudi du mois à 19:00 au 435 rue du Roi, à compter du 01 février 2012.


Libérer la parole 


- Le défi c’est d’être ensemble alors que nous demeurons divisés car chaque groupe a ses propres activités. Tout le monde a la meilleure activité. Ce qui fait qu’on se fait souvent concurrence. On manque de temps pour participer à tout ce qui se fait. On est pas obligé d’être toujours plus gros. Je ne m’imagine pas parler comme cela à 100 personnes même si je sais que cela est possible. Ce sont les renoncements qui sont difficiles. Pour m’engager, je dois renoncer à certaines choses, même dans mes implications.

- Des milliers de personnes se sont mobilisées pour écrire une loi pour lutter contre la pauvreté. Le Collectif pour un Québec sans pauvreté a été un mouvement fédérateur de nombreux groupes à travers le Québec. Il existe des éléments de solutions auxquels beaucoup de gens ont pensés. Si nous faisions un autre parlement de la rue, ce serait pour voter des lois qui concernent la vie des gens au quotidien. Nos 100 ans d’héritage coopératif Desjardins ne sont pas encore morts mais ils sont déviés gravement par exemple.

- Je reviens toujours à la question selon laquelle, dans nos sociétés occidentales, nous sommes en train de détruire ce lien commun, qu’en 1944, le Conseil de la Résistance s’engageait à construire, dans ces temps de noirceur où des amis et des collègues étaient tués pour simple délit d’opinion. Cela me fait toujours penser que l’on se donnait à ce moment là l’espoir de libérer la parole. Je pense que dans l’histoire, il y a quelque chose qui s’est passé et qu’on a voulu déléguer à un système gouvernementale, un droit que nous avons laissé aller comme citoyen.

Les activités de notre Carrefour de savoirs ont été suspendus parce que nous sommes arrivés à la conclusion que tant et aussi longtemps que nous allons nous déchirer comme société pour essayer de résoudre les symptômes d’un grand malaise qui est celui du fonctionnement de notre société, nous travaillerons en vain. Tant que cela ne sera pas fait, on va se perdre dans des bataille et plus cela va aller et plus il y aura des batailles nocollectifmbreuses à mener. Toute sorte de situations qui émergent, dont l’une des dernières en liste est celle des gaz de schiste. Autrement dit, on s’épuise à mener toutes ces luttes parce que le développement social et économique n’est pas orienté pour construire une société plus juste et riche de tout son monde.

Si on tente de faire l’inventaire du nombre de sollicitations et de causes, c’est complètement malade. « Notre désunion fait leur force. » Quelle est la clé de voute qui rassemble toutes ces symptômes ? On s’épuise et on a l’impression de ne jamais avancer. Est-ce qu’il faut toujours multiplier nos organisations, ce qui a pour effet de fragmenter nos forces ? Comment cela se fait-il que le Parlement de la rue n’ait pas continuer ? Comment cela se fait-il que le Collectif pour un Québec sans pauvreté ait été obligé de se détacher de la mère qui l’a mis au monde, le CAPMO ? C’est quoi le motif pour qu’ils soient séparés ? Au moment où on a une cause qui prend de l’ampleur dans un organisme, on a comme le don de la laisser aller. Nous avons comme une sorte de réaction à s’affaiblir. C’est bizarre.



Collectif pour un Québec sans pauvreté


- Le Collectif est devenu un mouvement national qui était trop gros pour demeurer en notre sein parce que ces activités ne portaient que sur la lutte à la pauvreté en dialogue permanent avec le gouvernement. Il nécessitait l’embauche de spécialistes qui dépassait l’expertise du groupe. Ensuite, notre vie associative ne correspondait pas à ce qu’exigeait les besoins d’un Collectif national.

- Et voilà, c’est refuser de prendre ses responsabilités comme citoyen, ce qui nous amène à nous démultiplier comme groupe.
- Je suis d’accord avec ce que tu dis là. (Une autre participante)

- En 2012, le CAPMO pourrait mieux s’investir dans le Collectif pour un Québec sans pauvreté ? Revoir où nous en sommes rendus, qu’est-ce qu’on doit mettre sur la table ? Peut-être devrions-nous davantage être actif sur cette question ? La loi semble au point mort avec le gouvernement actuel. Moi personnellement, en 2012, je veux être plus efficace en perdant moins de temps dans mille et une causes.  Pour répondre à la question de l’aliénation médiatique, moi je regarde à la télévision des reportages extraordinaires sur des sujets que j’ignorerais autrement. Il faut cependant faire un tri dans ce qui nous est proposé.

-   Premièrement, quand on a lu le texte, cela m’a beaucoup frappé de voir les belles choses qui sont écrites. Je me suis dit, si on était comme cela aujourd’hui, nous serions un peu plus heureux. Il y a des choses qu’il y a dans ce texte que nous n’avons pas encore ou qu’on a perdu comme société. Comme tu disais tantôt, on entreprend des choses et on dirait que dès qu’il y a une effervescence qui pousse, on prend peur et on laisse aller à d’autres plus qualifier croit-on pour le faire. Au lieu de le persévérer pour ne pas le perdre, on dirait que nous freinons notre élan. Nous sommes de nombreux organismes qui luttent pour les mêmes causes. Comment pourrait-on faire pour s’allier les uns aux autres et construire un mouvement social plus fort pour nos luttes, nos besoins, et les choses fondamentales que nous défendons. Tantôt, nous disions : Il faut faire un « nous » et cesser d’être individualiste. Moi j’essaie souvent d’être un « nous » parce que lorsque je lutte pour moi, je lutte aussi pour les autres autour de moi ou qui vivent les mêmes problématiques. Je trouve cela difficile et j’aimerais ça que tout le monde comprenne ça. 

Nous ne sommes plus des B.S. Nous sommes des personnes assistées sociales. Nous, à l’ADDS, nous avons convenu que lorsque nous allions entendre l’expression : B.S., nous allons nous lever pour dire que cela ne se dit plus. Nous sommes des personnes et nous faisons parti de la société comme les autres qui contribuent à la société en payant leurs taxes. Pour combattre les préjugés, il faut que tout le monde se rallie. Même si nous sommes à l’ADDS, rien empêche que les gens du CAPMO ou des Amis de la Terre, portent cette même vision et la diffusent. On doit s’allier à plein d’autres groupes et former une grande chaine qui peut peut-être réussir à changer la société.

- Pour la prochaine rencontre du CAPMO, le 9 février, nous sommes à la recherche d’un sujet, peut-être pourrions-nous inviter le Collectif ou le RÉPAC. Nous sommes membres de trois organismes majeurs : le Collectif pour un Québec sans  pauvreté, le Regroupement en Éducation Populaire et en Action Communautaire, RÉPAC, et le CLAP-03, qui est la section capitale nationale du Collectif. Nous sommes également membre du Réseau du Forum Social, de Carrefour Tiers-Monde et de la CDÉC, Conseil de développement économique communautaire. Micheline Bélisle est membre du CAPMO et elle nous représente au niveau national depuis plusieurs années en faisant un énorme travail de suivi des dossiers entre le niveau national et régional. Peut-être n’en parlons nous pas assez ici puisqu’elle assiste peu à nos activités. C’est aussi pourquoi nous vous faisons parvenir la Soupe au caillou du Collectif national afin de vous tenir à jour sur les enjeux de la lutte à la pauvreté. Le Collectif est une table où siègent 75 organismes, neuf employés à temps plein, cela n’a plus rien à voir avec le CAPMO d’aujourd’hui. Quand le Collectif a été créé, Vivian Labrie a quitté le CAPMO parce que le Collectif était quelque chose de bien plus gros, de national, et qui n’allait traiter que de cette question. À juste titre, nous pouvons être fiers de cette réalisation.

Plus récemment, l’Engrenage St-Roch est né du CAPMO. Ils ont embauché une permanente, Marie-Joël Lemay-Brault, qui travaille à temps plein sur la question d’une table de concertation pour le quartier         St-Roch avec tous les intervenants qui veulent y participer. C’est sans doute du à la nature du CAPMO et à ses quatre axes, de réfléchir sur plusieurs problématiques à la fois et de manquer de ressources pour assumer toutes les solutions qui sortent de nos têtes réunies. Un autre problème, c’est que le Secrétariat à l’Action Communautaire Autonome et aux Initiatives Sociales, le SACAIS, dans ses exigences de financement insiste pour que chaque groupe ait son projet spécifique. Cela nous amène à nous démultiplier et à nous diviser.

autonome



La défense collective des droits


L’autre jour, un fonctionnaire m’a dit que nous devions faire de la défense collective des droits et que nos actions au sein de nos organismes régionaux et nationaux ne comptaient pas vraiment comme des initiatives du CAPMO. On nous demande de faire de la représentation politique non-partisane auprès des décideurs pour aller dire nos revendications spécifiques. Alors on ne vas pas prendre l’Aide social, l’ADDS le porte déjà, le logement, BAIL et le FRAPPU le font déjà. Nous devons inventer quelque chose de nouveau et le faire d’ici au 30 juin. Est-ce que la question des ainées serait pertinente compte-tenu de l’âge de nos membres ? On pourrait réaliser un atelier où chacun pourrait témoigner des difficultés que vivent les aînés dans le Québec d’aujourd’hui. Puis écrire des doléances à la ministre Madeleine Blais et demander à avoir un rencontre avec une délégation. Il faut mettre l’accent là-dessus pour creuser cette question ensemble d’ici au mois de juin pour développer une problématique en lien avec la défense collective des droits, faire un diagnostic et avoir au moins trois revendications que nous amènerions auprès de la ministre. Je vous demande à tous d’avoir les méninges actives par rapport à cette situation. Je ne suis pas dans toutes vos situations, je ne vis qu’une vie et j’ai besoin de vos expériences pour mener à terme cette question. C’est ça la richesse du groupe.

- C’est à propos de la question qui a été soulevé que le CAPMO devrait se transformer en un nouveau groupe pour s’attaquer aux problèmes dont nous avons parlé. Selon moi, ce n’est pas la solution parce que chaque groupe est déjà en train de travailler à la solution qui va être une solution que la majorité va devoir implanter. L’idée ici était de travailler chacun dans son groupe pour qu’on puisse construire un mouvement qui serait un regroupement de groupes et nous conduirait à l’unité d’une nation et de secteurs du pays pour transformer la réalité. Cela ne se fera pas uniquement à partir d’en-haut, dans un groupe qui contemple toute la province. Augmenter le « nous » c’est un enchainement, une construction, qui est absolument nécessaire.

Le CAPMO n’a jamais eu l’intention de devenir le chef de file de ce mouvement d’une solution globale. On a hébergé des initiatives en notre sein pour que d’autres groupes puissent naître et participer à la formation des idées et des personnes afin qu’elles puissent se réunir avec d’autres groupes et, à partir de là, avoir la force dont nous avions besoin pour effectuer le changement social. Mais travailler seulement sur l’ensemble, en abandonnant ce qu’on fait déjà, pour s’investir à un autre niveau, il me semble que ça ne fonctionne pas comme cela. Il faut faire attention et prendre le temps de discuter car je ne crois pas qu’on puisse arriver à faire un mouvement à partir d’un petit groupe. Ce sont des groupes ensemble qui vont devenir un mouvement. C’est là le problème actuellement. Tous les groupes, à cause du vieillissement et du non renouvellement du membership, et la baisse de financement consécutive, abaissent leur capacité de rayonner. Il faut que chaque groupe prenne conscience des difficultés actuelles et que les groupes s’entre-aident pour se réunir et former des regroupements de groupes. Il faut pousser là-dessus.

nous


- Où est-ce que la concertation commencent à être la plus forte au Québec ? Ce n’est pas en milieu  urbain mais en milieu rural. Avec les projets d’exploitation de gaz de schiste, le gouvernement a réveillé une population qui était peu active sur les questions environnementales. Je pense qu’actuellement, 70% des contestations ont lieu en milieu rural.

- Étant donné que la défense collective des droits est quasiment une obligation pour notre financement, ce serait bon que nous invitions les jeunes du RÉPAC pour nous donner une formation là-dessus. Lorsqu’on sort de ces formations on a appris quelque chose. Il faut joindre l’utile à l’agréable. C’est bon pour eux aussi de partager avec un groupe comme le nôtre. Ce serait ensuite à nous de choisir quelle problématique nous allons traiter.

- Moi, je suis arrivé en milieu d’après-midi parce que je m’ennuyais chez-nous. Je trouve cela enrichissant les choses qu’on traite ensemble même si parfois j’ai un peu de difficulté à lire. Je trouve cela plus le fun quand nous lisons un texte en groupe, chacun un paragraphe, que d’écouter une conférence. Je suis voyante mais j’aime cela quand on lit à haute-voix parce que cela me permet de mieux comprendre les textes et de mieux saisir le message que le texte veut nous dire.

- Cela fait peut-être deux ans que j’assiste aux rencontres mensuelles du CAPMO et j’ai trouvé que c’était la meilleure jusqu’à maintenant. L’écoute était excellente et il n’y avait pas seulement deux personnes qui parlaient. Il y avait beaucoup de discipline et de respect. C’est agréable et je sens que nous avons notre place tout le monde. C’est super. Merci.

- Je voudrais dire pourquoi le parlement de la rue a du cesser ces activités, c’est que lorsque Vivian a reçu la facture de la ville pour l’électricité et l’aqueduc de plusieurs milliers de dollars pour un mois, il nous était impossible de continuer. Ensuite cela a été épuisant pour ceux qui l’on organisé et animé, mais ce fut un réel succès qui a marqué l’imaginaire collectif et dont on parle encore 15 ans après.

anges



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