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Rapport d'activités 2015-2016

Mot du coordonnateur

L’expérience et le vécu partagé au CAPMO nous permet de faire route ensemble dans la pluralité des approches, orientées vers la justice sociale, afin de voir émerger des citoyens conscients de leur dignité d’être humain.

Militer dans un organisme communautaire peut être interprété comme une manière aimante d’être au monde. Inspirée du souci de l’autre, cet engagement ne saurait être en dehors d’une identification personnelle avec le monde des exclus-e-s. Espace de liberté affranchi des préjugés envers les personnes en situation de pauvreté, cette présence aux autres requiert une volonté de dépassement de soi et un refus du fatalisme.

Notre mission est de mettre ensemble des gens de différentes conditions sociales afin d’échanger et de réaliser des croisements de savoirs pour s’engager à la défense collective des droits. Notre pratique en est une d’éducation populaire, sorte de pyramide inversée où l’expression des expériences de vie, la plupart du temps douloureuses, compte autant que le savoir théorique acquis dans les livres ou à l’université. Fondé sur des rapports horizontaux, chacun, chacune, est invité à contribuer selon ses capacités à l’objectif commun de lutter contre la pauvreté, l’oppression et l’exclusion sociale. Sur ce point, chaque membre est l’accompagnateur de chacun, chacune, puisque ce ne sont pas que les permanents qui font de l’écoute, rassurent et encouragent.

À l’instar d’autres organismes communautaires, le CAPMO est à la fois un lieu de libre expression de la parole permettant l’affirmation du sujet dans l’accueil et le respect, et un groupe d’appartenance où chacun est reconnu en toute dignité.

Yves Carrier, coordonnateur du CAPMO

Rapport d'activités 2014-2015 

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Mot du coordonnateur

En 2015, le CAPMO célèbre ses 40 ans d'existence, ses origines et son parcours sont un parti pris en faveur des appauvriEs. Si l'on considère nos quatre axes comme les différentes phases d'un cycle, l'actualité et la vie populaire et ouvrière constitue une première étape. L'analyse de la conjoncture nous révèle un terrain adverse où les intérêts économiques s'imposent à la réalité des gens ordinaires, expropriés de leur pouvoir décisionnel sur leur milieu. Parce que c'est à partir d'où on a les pieds qu'on élabore sa compréhension du monde, le CAPMO construit son interprétation sous l'angle des sans-voix, de ceux et celles ayant peu ou pas d'influence sur l'orientation des politiques qui les concernent. Le terrain étant le premier lieu d'enracinement d'un organisme, il détermine, pour une bonne part, sa raison d'être.

La spiritualité des personnes engagées socialement correspond au deuxième temps, celui où le groupe fait le point sur ses motivations profondes en faveur du changement social et les intuitions qui émergent de son écoute de la réalité. Qu'est-ce qui constitue le processus spécifique du CAPMO, le caractérise et l'inscrit dans la durée ? Comment susciter l'espoir malgré les vents contraires et redémarrer la dynamique du groupe pour améliorer sa cohérence interne, son rayonnement, l'adhésion des membres et son pouvoir d'attraction ?

Troisièmement, le projet de société apparait comme l'horizon utopique du CAPMO, non pas au sens d'inaccessible ou d'irréaliste, mais en tant qu'orientation à poursuivre. Sachant que toute société construite sur l'égoïsme et les privilèges des puissants n'est pas une société digne de ce nom, mais un marché où tout se vend, nous ne renoncerons jamais à l'utopie d'un changement social à la fois inclusif et pluriel, respectueux des besoins, des capacités et du potentiel de chacunE.

Quatrièmement, la solidarité ici (notamment avec les Premières Nations) et ailleurs, parce que nous ne sommes pas seuls sur cette planète et qu'au delà des enjeux de société, nous restons favorisés par rapport à l'immense majorité du genre humain. Notre lutte ne saurait demeurer digne si nous ignorons le poids que notre confort fait peser sur les autres sociétés. Et même si une profonde tristesse nous envahit en observant toute l'horreur de la tragédie humaine, nous refusons de construire notre bonheur en tournant le dos à l'histoire.

Yves Carrier, coordonnateur du CAPMO